dimanche 22 décembre 2013

Joyeuses Fetes!!!

Bon alors la je vous dois un article. j'en ai un en preparation, mais il me prend un peu de temps, alors ce sera pour plus tard. Mais en attendant, avec les fetes qui approchent, je vous dois un article.

Ca y est, tous les expats sont partis, cette fois je sens vraiment que Noel est proche. C'est une sensation bizarre de ne pas etre en famille cette annee, de rester ici a travailler. Mais bon, il me reste trois semaines au Bangladesh, six semaines au Worldfish et j'ai vraiment beaucoup de boulot a finir d'ici la. Et puis j'ai aussi de grands plans de voyages qui ne permettent pas vraiment financierement de rentrer pour Noel.

Ceci dit, je fais de mon mieux pour ce qui est de l'ambiance! Mes colocs (ou devrais-je dire ex colocs puisqu'elles sont parties et que moi-meme je m'en vais bientot) et moi sommes les fieres proprietaires d'un joli petit sapin en jute, tout mignon, made in Bangladesh bien sur. C'est beau, c'est local, c'est naturel! Agremente de decos locales fabriquees par des ONGs locales. On s'est aussi lancees dans la confection de bredalas, mais ca je l'ai deja dit (il faut suivre un peu!).D'ailleurs on a meme fait des manalas et du chocolat chaud pour la Saint Nicolas (trop fiere). On a aussi commence un calendrier de l'Avent mais je dois dire qu'il n'a tenu que jusqu'a la moitie du mois. Pour ce qui est de l'hiver, et bien il se fait tarder cette annee (je ne m'en plains pas!). On a certes commence a porter un gilet en sortant, surtout le soir et le matin, mais la temperature reste entre 13 et 26.

Le 24, c'est buffet international de Noel! enfin ce ne sera quand meme pas trop international, mais bon franco-polono-bangla, c'est pas si mal! la formule est que chacun ramene un plat et un petit cadeau a mettre sous le sapin, puis chacun repart egalement avec un petit cadeau (non, pas le meme!). Le 25 je vais a un mariage bangladeshi, de meme que le 28 et le 31. le 29 je vais me faire dorloter et masser au spa pendant deux heures et demi, cadeau de Noel de ma coloc. Et le reste du temps, je vais me debrouiller pour avancer dans mon boulot, faire mes cartons, les envoyer debut janvier, et preparer mon voyage!

Donc le plan est le suivant: je quitte le Bangladesh autour du 10-11 janvier, en direction de Penang, Malaisie et accessoirement siege du Worldfish, pour finir les trois dernieres semaines de mon contrat.  Debut fevrier, je m'envole pour Borneo (cote Malaisien)(d'ailleurs je cherche un compagnon de voyage!), pour trois semaines. Au programme: jungle, orang utans, nature, montagne (Mont Kinabalu), plongee (Sipadan, plus beau site de plongee au monde, si j'arrive a avoir un permis). Puis autour du 23 je m'envole pour Bangkok, pour rejoindre maman pour environ deux semaines mere-fille en Thailande (pendant que papa est occupe quelque part pour la bonne cause :p). Puis une amie me rejoint a Bangkok au depart de maman et on part toutes les deux en Birmanie (par la route), pour environ trois semaines. Tout ca nous mene fin mars a Rangoon, ou je reprends un vol pour Dhaka. Je pense y rester environ deux semaines (dont, je l'espere, une semaine sur le terrain) et partir juste apres le Nouvel An bangla, donc retour autour de la mi avril. Juste a temps pour etre la a l'arrivee de ma future niece :) :) J'ai donc la meilleure des raisons de me rejouir de rentrer :)
Apres ca je compte me poser un petit peu en Alsace, et puis rechercher du boulot (domaine: changement climatique; zone geographique: disons tres peu restreinte)...

2014 sera donc placee sous le signe du voyage, a nouveau :)

Je vous souhaite d'excellentes fetes de Noel a tous!!

Gros bisous,
Melody

mardi 3 décembre 2013

Political unrest



Salut les amis,

J’espere que tout va bien pour vous avec l’approche de Noel. J’imagine les guirlandes lumineuses dans les rues et les offres de cadeaux de Noel partout, les rues froides et les soirees au coin du feu. Le quotidien ici est pour ainsi dire a mille lieues de cette ambiance.

Déjà, les gens ne fetent pas Noel. Donc pas de decorations dans les rues, ni d’offres de cadeaux de Noel. Et puis, il ne fait pas froid, pas encore. Ca va venir. Mais bon, tous les expats parlent de leur retour dans leurs familles pour Noel (sauf moi L ), et pour se mettre dans l’ambiance on a fait une aprem internationale de preparation de petits gateaux de Noel (version canadienne, anglaise, danoise, francaise, suisse).

Mais l’ambiance est aussi differente parce qu’on a juste autre chose a penser. La situation politique ne s’ameliore pas, bien au contraire. Apres les hartals successifs, on est passes au niveau au-dessus avec des « blocus » du pays, qui paralysent non seulement les routes mais aussi les voies ferrees et les fleuves. Le niveau de violence augmente graduellement, et les cas de bus brules avec passagers a l’interieur, de voitures demolies et de briques et cocktails Molotovs lances a tout va sont de plus en plus frequents. Cela dit, il n'y a ’que » quelques morts, ou dizaines de morts chaque semaine, et comme on n’a pas d’infos sur le nombre de personnes blessees ou brulees on n’en parle que tres peu. Du coup, pas de nombre impressionnants de morts qui pourraient alarmer la communaute internationale et necessiter une action urgente. Les ambassades sont tres preoccuppees du nombre grandissant d’incidents dans « l’enclave dplomatique de Banani-Gulshan-Baridhara » et nous incitent a eviter tout deplacement inutile, le Worldfish a officiellement ferme ses bureaux pour toute la duree du blocus en cours (initialement samedi et dimanche mais prolonge jusqu’à jeudi soir, donc la totalite de la semaine de travail).

Mais ce qui est plus preoccupant, c’est  que pour chaque jour de blocus, les millions de personnes qui vivent de « day labour » (travail journalier, avec paie journaliere) ne peuvent pas aller travailler, et par consequent ne peuvent par subvenir aux besoins basiques de leurs familles. Ils meurent a petit feu, litteralement, mais ca ca ne se voit pas. C’est triste pour ce pays, tellement triste. Hier des centaines de chauffeurs de bus ont organise une marche pacifique devant la residence de la chef de l’opposition pour l’exhorter d’arreter les violences, parce que ce sont eux, les civils, qui souffrent et meurent dans ces affrontements. Et les « Freedom fighters », ces hommes qui se sont battus pour la liberation du Bangladesh en 1971, ont entame une greve de la faim de 3 jours pour rappeler que ce n’est pas pour ce pays-la qu’ils se sont battus et ont perdu la vie. Acte d’autant plus symbolique qu’on s’approche du 16 Decembre, jour de victoire qui a accorde l’independance au Bangladesh en 1971. Jour de fierte nationale. En theorie.

Interessant comme la greve de la faim redevient un moyen de protestation a la mode. En parallele, il y a tout juste quelques semaines pendant la conference internationale sur le climat a Varsovie, Yeb Sano, chef de la delegation philippines, entamait une greve de la faim de 13 jours (la duree des negociations) pour exhorter les negotiateurs a parvenir a un consensus et cesser la folie de l’inaction. Apres avoir obtenu un accord qui certes est un petit pas dans la bonne direction mais laisse encore tellement de travail d’ici l’adoption d’un accord post Kyoto en 2015 a Paris, Yeb Sano a decide de poursuivre un jour de jeun par mois, pour montrer que le combat est loin d’etre gagne. Et en soutien a Yeb Sano, les delegations de jeunes activistes pour le climat ont decide de le soutenir dans son jour de jeun, tous les mois jusqu’en 2015.

Pour en revenir au Bangladesh, la Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme a exprime son inquietude hier et a demande aux deux parties d’entamer un reel dialogue et de parvenir a un consensus. L’Union Europeenne a egalement exprime son inquietude et sa reprobation par rapport a l’usage de hartals et de la peur pour imposer un point de vue. Tous encourage la tenue d’elections transparentes et pacifiques. Ban Ki Moon envoie donc l’assistant secretaire general pour les affaires politiques, Oscar Fernandez Taranco, au Bangladesh pour discuter avec les deux parties. Il devrait arriver vendredi…

Affaire a suivre. Je ne me sens absolument pas menacee dans ma petite vie quotidienne, et si vous vous faites du souci, alors faites-vous du souci pour les millions de personnes qui ne peuvent pas aller travailler et perdent par consequent l’unique source de revenus de toute une famille pour une duree indeterminee. Le Bangladesh a déjà assez de soucis comme ca, sans avoir besoin que les politiques s’acharnent a demolir ce que les gens tentent de construire.

lundi 11 novembre 2013

Malaisie!

Non, je ne suis pas a la COP (la conference des parties, conference annuelle des Nations Unies sur le climat rassemblamt tous  les chefs d'etats), a Varsovie cette annee, mais je vais bien entendu suivre de loin. En revamche, je pars en Malaisie jeudi pour une dizaine de jours, pour travailler avec une collegue au siege sur notre recherche sur les sanctuaires a poissons. Deux week-ends a Penang donc, dans une ville normale ou il y a des cafes avec des terrasses, ou on peut s'habiller plus ou moins comme on veut, faire du shopping, et avoir des choix culinaires un peu plus varies! Yey!!

=> Une des bonne bonnes a propos du fait d'habiter au Bangladesh: on en vient a se rejouir pour des petites choses toutes simples, on devient moins difficiles je crois!

La ronde des hartals

Bon, il se peut que vous entendiez a nouveau parler du Bangladesh a la tele dans les semaines a venir. Les elections prevues pour janvier se rapprochent, et pourle moment le parti au pouvoir (Awami League) refuse toujours de mettre en place un "care-taker government", un gouvernement temporaire neutre pour organiser les elections de facon non corrompue. L'opposition (BNP soutenus par le parti islamiste Jamaat et leurs allies) impose une pression de plus en plus forte, a coup de hartals de plus en plus longs et deplus en plus violents. La semaine derniere ils declaraient un hartal de trois jours, cette semaine 4, non stop. Lesviolences commencent generalement des la veille, et les bus et CNG brulent les uns apres les autres, alors que des bouteilles incendiaires et des briques sont balancees dans les rues, ainsi que sur les gens qui ont le malheur de s'y trouver. Meme dans l'enclave diplomatique de Banani / Gulshan / Baridhara, les dernieres semaines ont apporte leur lot de bus brules, bouteilles incendiaires devant le Nordic club et sur Kamal Ataturk, ou voiture demolie a coups de briques (avec quelqu'un dedans).

Sincerement, je ne comprend pas comment on peut s'en prendre volontairement a des civils qui n'ont absolument rien a voir dans le conflit, en pensant que cela puisse apporter quoi que ce soit de bon au pays. 

Resultat, presque tous les workshops annules parce que les gens ne peuvent pas se deplacer.
Pour ma part j'ai participe a l'organisation d'un workshop sur l'impact de la salinite sur le mode de vie des femmes dans les villages du Sud Bangladesh, le week-end passe, a Satkhira. Comment c'etait un week-end, on a decide de maintenr le workshop, en pensant que dans le pire des cas certains participants ne viendraient pas s'ils jugeaient la situation trop dangereuse. Nous avons reuni 46 femmes, 20 maris et une quinzaine d'enfants (on leur avait propose d'emmener leurs enfants et leurs maris si elles voulaient pour s'assurer que toutes auraient la possibilite de venir mais la plupart etaient trop heureuses de laisser leur famille et leurs responsabilites a la maison pour quelques jours!). Les participants ont adore le workshop, et je suis ravie qu'on l'ait maintenu malgre la bataille qui a eu lieu au bureau la semaine d'avant et la pression de cetains collegues pour nous faire annuler.
Certain d'entre nous sont rentres a Dhaka le samedi soir, mais l'equipe principale de facilitateurs et nous autres organisatrices devions rentrer le dimanche matin. Nous avons voyage le samedi soir de Satkhira a Jessore sans encombre, toutefois notre chauffeur a refuse de nous emmener a l'aeroportle lendemain. Mais il nous a envoye une ambulance, nous assurant que de cette facon on pourrait voyager sans encombres.

L'ambulance est donc venue nous chercher vers 8h30 le dimanche matin (hier donc). Apres a peine cinq minutes, nous avons ete stoppes par un groups d'hommes en colere, certains armes de batons. ils ont stoppe le car, ont commence a taper sur l'ambulance et on casse un des retroviseur puis nous ont fait reculer. Puis ils ont essaye de faire sortir le chauffeur, hurlant qu'il avait une ambulance et ne devrait pas transporter des passagers, que c'etait un hartal, qu'il ne devrait pas etre sur la route, et d'autre choses en bangla que je n'ai pas suivies.  Ne sachant trop que faire, je me suis allongee sur la banquette a l'arriere de l'ambulance et ai commence a tousser aussi fort et aussi longtemps que possible (ce qui n'etait en fait pas si difficile puisque j'ai attrape froid et que j'ai la toux) tout en regardant certains des hommes dans les yeux. Certains se sont alors calmes, faisant remarquer aux autres qu'il y avait une "bideshi" (etrangere) malade a l'arriere, et ils nous ont laisse partir. Rien de majeur donc, mais de quoi te foutre en rogne quand tu penses que tous les gens qui etaient dans cette ambulance etaient venus pour un workshop au benefice des femmes des villages, et qu'ils se retrouvent attaques par leurs propres compatriotes pour un conflit avec lequel ils n'ont absolument rien a voir...

Note: je ne pense pas que l'usage d'ambulances pour se deplacer en periode de hartal soit une bonne idee du tout, tout simplement parce que le jour ou quelqu'un aune vraie urgence medicale personne ne prendre les ambulances au serieux (ou alors elles ne seront pas dispos parce qu'elles servent de taxi), amis nous n'avions aucun autre moyen de nous rendre a l'aeroport.

Bref, ce matin c'etait le grand sujet de discussion au bureau, les collegues sont passes les uns apres les autres pour entendre le recit de l'incident. Ah les joies des hartals...

Nepal!

Salut a vous,

Me voila de retour dans l'effervescente Dhaka apres le calme de l'Himalaya, quel contraste!

(Note: oui ca fait deja deux semaines en fait mais bon je suis un peu lente a la msie a jour ;) )

Avant de lire cet article, je vous invite a lancer la musique que vous trouverez ici: https://www.dropbox.com/sh/y5r8xox6cgk964j/jOtyPQJQYC (probablement pour une duree limitee car je vais devoir liberer la place).

Ca y est? Maintenant fermez les yeux (lisez d'abord le paragraphe jusqu'a la fin) et imaginez les hauts sommets enneiges de l'Himalaya sur fond de ciel bleu, avec des drapeaux de priere flottant au vent, une odeur d'encens et des moines bouddhistes au crane rase dans leur robe orange ou ronge foncee. et des bols tibetains, des gongs et des moulins a priere... Voila, ca vous donne une petite idee de l'atmosphere... 

J'ai donc profite des conges de Durga Puja (plus gros festival hindou de l'annee) et de Eid (plus gros festival musulman de l'annee, ou l'on sacrifie les vaches) pour rejoidre papa au Nepal pour un trek dans l'Himalaya. Je suis arrivee le vendredi 11 Octobre, qelques jours apres papa qui avait deja repris ses marques et est venu me chercher a l'aeroport. Apres un lunch nepalais en tete a tete, nous sommes alles retrouver le guide et louer nos sacs de couchage et batons de marche pour le trek, puis nous sommes promenes dans les rues du Thamel, pleines de petites boutiques. Le soir nous avons deguste une bouteille de pinot gris grand cru avec le gerant de l'hotel, que nous connaissons depuis notre dernier voyage au Nepal en 2011. 

Le lendemain (samedi), nous sommes partis en bus avec notre guide et notre porteur pour Pokhara.Voyage beaucoup plus confortable que prevu, avec place pour les jambes dans le bus et deux arrets a quelques heures d'intervalle, pour le petit dej et le lunch. Nous arrivons a Pokhara en debut d'aprem, posons nos sacs et partons faire du reperage. Ici encore, on voit que les touristes sont nombreux, les boutiques s'enchainent les unes apres les autres (et, comble, on croise meme un dromadaire qui trimballe les touristes! Aberrant!). Mais l'ambiance est paisible, et le temps tres agreable. Nous nous installons au bord du lac pour siroter une biere en regardant le coucher de soleil sur le lac et les sommets du Machhapuchhre et de Mardi, desquels nous nous approcherons a pieds dans les jours a venir, via le trek "Mardi Himal" (que nous avosn choisir parce qu'il est relativement nouveau, donc baucoup moins frequente que le traditionnel tour des Annapurnas, mais dans la meme region). Le soir nous rentrons a l'hotel manger le traditionnel daal bhat (riz, lentilles et legumes) avec le guide Chure et le porteur Gombe.Nous avons rassemble toutes nos affaires dans un sac que porte Gombe. On a eu peur un peu au debut, parce qu'il n'est pas beaucoup plus grand que le sac en lui-meme, mais a voir comment il a galope devant pendant les jours a venir, ca n'a pas eu l'air de lui poser le moindre probleme!

Dimanche matin, nous quittons l'hotel vers 8h en taxi pour nous rendre au point de depart de notre randonnee, Dampus. C'est sans compter le pneu creuve du taxi apres environ 15 minutes! Nous nous arretons en ville pour remplace le pneu creuve (et lisse) par un pneu non creve (mais tout aussi lisse!). On en profite pour prendre un bon the noir en regardant le Machhapuchhre. C'est une montagne sacree sur laquelle personne n'est autorise a grimper au sommet, qui culmine a 7000m. Nous repartons vers 9h. Lorsque le taxi entame une route caillouteuse qui serpente vers les hauteurs, le chauffeur rale de plus en plus, et ils finit par nous laisser terminer a pieds. Nous prenons un lunch a Dampus puis c'est parti! La marche est vraiment agreable, sur des chemins caillouteux ou des marches en pierre, a travers des villages, avec un ciel bleu et soleil et de magnifiques vues sur les sommets. Nous sommes en short! Apres a peine 2h30 de marche tranquille (a tout casser), nous arrivons a Deurali, qui est notre etape pour la nuit. Nousralons un peu avec le guide, on aurait bien marche encore quelques heures, mais il dit que l'etape suivante est a plus de 3h de marche et qu'il est deja 14h passee, et qu'il n'est pas prudent de continuer. Ma foi, il ne nous connait pas et est prudent et nous ne parvenons pas a le convaincre alors nous restons la. deurali est en fait 3 guesthouses (tea houses) autour d'une petite place centrale ou ils vendent un tout petit peu d'artisanat. Je craque pour une jolie etoffe en laine de yack bleue, que je ne regretterai pas dans les jours a venir!!!  bon, on prend nos quartiers, on passe l'aprem a siroter du the, faire la sieste, jouer aux cartes et bouquiner. Nous faisons aussi la connaissance d'un groupe d'allemands qui suivent le meme itineraire que nous. Le soir, le temps se couvre et il commence meme a pleuvoir.

Lundi matin: il a plu toute la nuit et ca continue. Les allemands ne sont pas motives a bouger mais notre guide est super dynamique. Petit dej, reorganisation des sacs pour la pluie, et on y va. Il nous faut environ 3 heures pour arriver au Forest Camp (2600m), a travers une magnifique foret dense et humide (d'autant plus humide que la pluie de cesse pas), tout (sol, troncs, lianes) est recouvert d'une impresionnante couche de mousse verte, jaune, orange. Malgre le couvert des arbres, nous arrivons a Forest camp trempes et frigorifies, et apprecions le poele a bois de la piece commune! Forest Camp etait l'etape initialement prevue, et bien que nous avions decide la veille que nous pousserions jusqu'a Low Camp (la prochaine etape), la pluie intense et incessante nous force a rester la. Nous passons des vetements secs, squattons l'espace autour du poele pour nos vetements et chaussures, et plaignons de tout coeur les campeurs qui installent leur tentes sous la pluie battante dehors! En enlevant mes chaussures, je constate une petite fissure entre la chaussure et la semelle, mais tout le monde m'affirme qu'a ce stade ca prend encore longtemps avant de se decoller pour de bon, donc pas d'inquietudes a avoir! Autre point notable de la journee: le guide ous avait prevenu que c'etait la saison des sangsues, et cette information nous a ete largement confirmee! il y en a par-tout et on ne compte plus le nombre de fois on on les detache de nos pantalons, puis de nos doigts!

Un the et quelques parties de cartes plus tard, nous sommes rechauffes. Les allemands arrivent un peu plus tard, tout el monde est dans la piece commune et le temps passe tranquillement entre cartes, lecture et bavardage et blagues avec les guides et porteurs et les gerants du lieu. Les conversations sont ponctuees tres regulierement de "Que garne!", qui veut dire quelque chose comme "qu'est-ce qu'on peut y faire" en nepalais (en reference a la pluie le plus souvent). 
Au moment du diner, toutes les tables sont prises et papa et moi decidons d'aller manger dans la cuisine, avec les nepalais. Notre guide Chure, tres sociable avec tout le monde, a pris la place aux fourneaux et nous prepare une soupe de legumes et un dal bhat. Nous papotons et blagons avec les guides et la dame qui gere la tea house, c'est tres convivial, nous adorons cette ambiance bien plus "locale" que celle de la grande salle, bien que sympatique aussi. Notre repas fini, nous cedons la place aux nepalais et retournons dans la grande piece. Lorsqu'il viennent nous y rejoindre un peu plus tard, papa fait fureur en sortant sa fiole de schnaps, qui fait rire aux eclats notre Chure, tire une grimace de Gombe, et fait tourner la tete a notre gerante des lieux, qui nous fait comprendre a force de mimiques qu'elle est soule! 

Mardi matin, alors que la pluie a cesse dans la nuit, et recommence a pleuvoir. Nous remettons donc nos patanlons boueux et notre k-way froid et mouille et nous remettons en marche. Objectif: Low Camp (3000m), mais cette fois nous comptons bien comvaincre le guide de faire deux etapes en une et continuer jusqu'a High Camp (3600m). Nous continuons notre marche dans la belle foret dense de la veille, pendant quelques heures. Au moment d'arriver a Low Camp, je sens quelque chose traner sous mon pied, et me rends alors compte que mes deux semelles se sont decolles au niveau du talon et presque jusqu'au milieu de la chaussure! Non non non, c'est pas le moment, il nous reste encore 3,5 jours a marcher et ici on ne trouve definitement plus ni chaussures, ni colle, ni quoi que ce soit a acheter! Ca + la pluie incessante ne motive pas trop le guide a continuer mais on ne cede pas. On veut monter au High Camp! On trouve donc des bouts de ficelle et on rattache mes talons en enroulant la ficelle autour de mes pieds. On se rechauffe un peu autour du feu puis on se remet en marche vers midi, direction high camp.
Cette fois-ci,apres une courte montee dans la foret, on est a decouvert, sur la crete, entoures d'epais brouillard blanc, a marcher dans un sentier etroit qui se transforme progressivement en ruisseau glissant avec la pluie, avec de part de l'autre de raides pentes herbues qui vont se perdre dans le blanc nuageux. C'est tres impressionnant de n'avoir aucune idee de ce qui se cache derriere l'epais ecran blanc autour de nous... J'ai adopte le rythme de marche de papa, qui est assez lent mais tres regulier, donc on ne s'arrete jamais. J'apprecie, on marche tellement regulierement qu'au final on en diffrencie plus vraiment la montee, la descente ou le plat, on adapte juste l'effort et le rythme en fonction et on se fatigue beaucoup moins. Ceci dit, entre la pluie, le denivele et l'altitude, on commence a se dire que pour la premiere fois on arrivera vraiment faigues et on aura merite de s'arreter! La derniere demi hure est la plus longue, on a faim, froid et on est fatigues, et on commence a esperer pour chaque montee qui se dresse devant nous que c'est la derniere. C'est donc avec soulagement qu'on finit par atteindre l'unique Tea House du High Camp, au milieu des nuages. On file se changer (je crois que mes dents mettent bien 10 minutes a arreter de claquer) et on se regroupe dans la piece commune ou les deux jeunes qui gerent les lieux allument un bon feu. Trois des allemands sont la, leurs trois amis ont decide de rester au low camp pour la nuit.

 Mercredi: le temps ne s'est toujours pas ameliore. Aux dernieres nouvelles c'est a cause du cyclone en Inde, qui a apporte son lot de nuages et de pluie. Mais la rumeur dit que ca pourrait se degager dans la journee.... Comme on a une journee d'avance sur notre programme et qu'on est de toute facon au point culminant de notre trek (puisque par ce temps il n'est pas prudent de monter au Base Camp a 4500, soit 7 heures de marche aller retour), on decide de passer la journee et la nuit au high Camp, en esperant une eclaircie. Ce n'est franchement pas desagreable, au contraire! Une vraie journee de vacances, bien au chaud pres du feu, avec de la nourriture (du dal bat et de la soupe et meme une boite de Pringles!!), a jouer aux cartes, bouquiner, papoter, rigoler avec les nepalais. Vraiment tres chouette en fait! On guette dehors assez regulierement mais on ne voit toujours pas la montagne d'a cote, en fait on ne voit meme pas a 100 metres.... Les trois autres allemands arrivent le soir, et la piece se remplit pour le diner. On se faufile dehors a un moment et on apercoit un troupeau de yacks tout pres du refuge. Belle decouverte, ca fait notre journee! Mais ce n'est pas fini. Apres diner, alors que la nuit est tombee, tout a coup on regarde dehors et on s'exclame. La, juste la, il y a un immense pic blanc qui scintille dans la nuit. Le Machhapuchhre hors des nuages dans la nuit noire! Et sur la gauche, Annapurna Sud et ses voisins, qui culmines tous a 7000-8000m. Magnifique. On l'a tellement attendu qu'on est tous sur-excites. On file se coucher en planifiant de se reveller tot pour observer la vue qu'on espere degagee. 

Jeudi: le lever du soleil est absolument magique. Les rayons rasants du soleil, la brume, les nuages, les bouts de ciel degages, les sommets qui depassentet scintillent, la couleur et la lumiere, la vallee en contrebas.... Ca vaut toute la pluie des jours precedents, et la montee dans la puree de pois complete rend cette decouverte de la vue encore plus belle et impressionnante.
 On s'attarde tout autour du Hih Camp pendant quelques heures jusqu'a ce que les nuages recouvrent a nouveau la vue. C'est le moment de se separer. Les allemands tentent la montee au Base Camp, nous redescendons sur Sidhing. Avant de partir, papa et Chure enroulent de l'elastoplaste tout autour de mes chaussures pour faire tenir la semelle au pied. Ca tiendra, inch'allah! On se remet en  marche, a nouveau dans la brume, mais de bonne humeur. On a vu ce qu'on voulait voir, on est contents, rien ne peut gacher notre humeur. Bon, ceci dit, cette journee s'averera je crois est la plus difficile de toute. Certes monter au High Camp sous la pluie n'etait pas de tout repos, mais descendre 2000m de denivele dans la meme journee sous la pluie sur des pierres glissantes avec des semelles qui se detachent etait franchement pire :p Avoir un guide qui me dit lorsque l'elastoplaste de mes chaussures lache "pas de probleme, on arrive dans 1/2h" et marcher encore au moins une heure de plus, grrr... Mais bon, que garne?? En arrivant a Sidhing village on marche encore pas mal pour trouver une maison qui a de la place pour nous accueillir et on finit pas y arriver. Une charmante petite maison avec deux petites chambres, chez l'habitant. Notre chambre est couverte du mur au plafond de journaux en guise de decoration, et de petites lumieres de Noel, c'est trop chou. comble du comble: Environ 5 minutes apres notre arrivee, la radio passe d'abord Hookah Bar, cette chanson Bolliwood que nous avons danse quelques semaines auparavant au mariage de mes amis, puis Lunghi dance, une autre des chasons dancee par les gars a ce meme mariage. Ah Bangladesh, tu n'es jamais loin! On s'installe tous sur la terrasse a regarder la pluie tombee en sirotant... une biere!! oui!! Puis on s'installe dans la cuisine etoire autour du fourneau avec la dame, ses filles et nos deux gaillars Chure et Gombe. Cosy, local, adorable. On discute mariages arranges et differences culturelles, on decouvre que Gombe a travaille au Qatar pendant un moment, ce qui lui a permis d'voir suffisamment d'economies pour vivre a Katmandu. Chure lui a sa famille dans son village, il leur rend visite tous les quelques mois quand il a un trek dans ce coin. Parfois il part aussi en trek au Tibet ou au Bhoutan. Il connait tout de l'Himalaya. Il baragouinedans plusieurs langues et a un discours tres ouvert et interessant sur l'education et les differences culturelles. On le recommande a qui a besoin d'un guide!!

Vendredi: aujourd'hui on marche jusqu'a Lumre (quelques heures), puis on prend un taxi pour Pokhara. On repart de bonne heure, la marche est sympa, dans le village, puis entre les champs de riz et de millets, dans la foret, le long de la riviere. On croise beaucoup de locaux qui transporte d'enormes recoltes sur leurs dos depuis le bas jsqu'au haut du village, dans des especes de hottes soutenues par une laniere qui leur enserre le front. Dur labeur, pas etonnant que ceux-la deviennent porteurs pour touristes! La ballade est tranquille et le paysage a completement change, on est maintenant completement dans la vallee, et le soleil et le ciel bleu sont au rendez-vous si bien que je compense mon manque de photos des derniers jours.  Mes semelles me lachent l'une apres l'autre. La droite d'abord, qui tombe completement, de sorte que je continue a marcher sur la couche de plastique qui separe la semelle de l'interieur de la chaussure. En une heure, ca part en lambeaux. La gauche, elle, ne tombe pas, mais elle n'est pas rattachee que par le point tout a l'avant de la chaussure, et par l'elastoplaste du milieu. Resultat: toute la semelle glisse vers l'avant, le talon se retrouvant a peu pres sous le milieu de la plante de mon pied. Pas super pratique. Mais ma foi, que garne?? Plus on se rapproche de Lumre et du fond de la valle plus on traverse de rivieres. Ponds suspendus, puis rochers, puis morceaux de bois au dessus du torrent (impressionnant!!) et puis la traversee finale, pieds nus dans la riviere. Plus qu'apprecie!!

Enfin, on se pose dans un restaurant, prenons le lunch et une biere et attendons un transport pour Pokhara. Lorsque celui-ci arrive, une vieille land rover, je convaincs papa de nous asseoir sur le toit. Ca sera definitement le clou de la journee: un trajet de plus d'une heure, a travers la riviere, les montees et les descentes etroites et caillouteuses, les ponts a moitie effondres, a s'agripper comme on peut et tenter de soulager nos fesses endolories ;) he ben quoi c'est l'aventure ou ca l'est pas!!

Bref, retour a Pokhara ou nous savourons une longue douche chaude et un bon repas dans un bon restaurant, dans des vetements secs. Ce serait presque la fin de nos peripeties sauf que... ben ce serait trop facile! il se remet a pleuvoir pendant que nous sommes au restaurant, et lorsque nous voulons rentrer a notre hotel la route s'est transformee en une veritable riviere sous la pluie diluvienne! Ma foi, que garne, nous retroussons nos pantalons et nous aventurons dans l'eau jusqu'a mi mollet, sur les quelques centaines de metres qui nous separent de nos chambre douillette et seche.... Satane Nepal, la prochaine fois, eloigne la pluie!!!

Retour a Pokhara le Samedi, dans un avion de vingt places (10 rangees, un siege de chaque cote de l'allee, avec un cockpit ouvert sur l'arriere de l'avion)! Dernier shopping et ballade a Kathmandu l'aprem, dernier repas en tete a tete pere fille. La pluie n'a vraiment aucune importance, on a bien marche, on s'est depenses, on a pris un grand bol d'air frais, on a completement deconnecte du boulot et des responsabilites quotidiennes, et on a partage ca tous les deux. Et puis on a meme vu les sommets ;)

mercredi 2 octobre 2013

Vers la fin de l'escale...

Escale bengale... C'est marrant, j'avais cree ce blog en pensant faire une escale de 6 mois dans ce pays qui a ce moment-la m'etait completement inconnu, et voila plus de deux ans que j'y suis.

Et voila, je commence a vraiment realiser que je m'en vais dans quelques mois.... C'est mon choix, un choix murement reflechi, motive par l'envie de nouveaux challenges, de nouvelles explorations, d'un nouveau quotidien, l'envie de rencontrer de nouvelles personnes... De sortir a nouveau de ma zone de confort... Quelqu'un m'a dit recemment que c'etait tres occidental de vouloir sortir de notre zone de confort, que les Bangladeshis se battaient pour en trouver une et qu'une fois qu'ils l'avaient ils faisaient tout pour y rester. J'ai trouve ca interessant, nous on est tellement nes dans le coton qu'on a besoin de chercher nos limites en nous imposant des choses qu'ici les gens font tout pour eviter. Hmmm. bien sur ca a un cote un peu stressant aussi, se (re)mettre a chercher du boulot (j'y pense), n'avoir aucune idee de la ou je serai dans... 6 mois?, me retrouver potentiellement de nouveau a la case depart, dans un pays que je ne connais pas, avec des gens que je ne connais pas, et une culture que je ne connais pas.... Et puis surtout quitter ce pays auquel je me suis tant attachee!

Pou le moment il faut deja que je planifie mon boulot jusqu'a la fin de mon contrat. Je sais deja que je pars en Malaisie pour une dizaine de jours en Novembre pour aller bosser avec une collegue, et il y a de fortes chances que j'y passe egalemet le mois de janvier. En ce qui concerne mon projet, on a finalement trouve un nouveau project manager, et un de mes collegues prend officiellement le relai de mon role de project leader, comme ca je peux l'accompagner progressivement jusqu'a ce que je parte et jepeux aussi passer le temps qui me reste a me consacrer a toutes les chose a finir.

Ensuite, je prevois de voyager un peu avant de rentrer. Pour le moment, j'ai la Birmanie, la Thailande et Borneo en tete, en deux mois. A voir, il va falloir que je m'y penche un peu plus serieusement.

Et puis oui, la recherche de boulot (ce petit detail :p). J'ai commence a repandre la nouvelle dans mon reseau, j'ai des bonnes references, je vais envoyer mon CV a droite a gauche et je commence a regarder les annonces. Mais pour le moment je suis encore trop tot pour la plupart des choses, etant donne que je chercherais idealement pour le mois d'avril minimum... a voir! Mon probleme c'est que je suis relativement ouverte quant au type de boulot, je veux continuer a tavailler sur le changement climatique (et probablement l'adaptation, bien qu'une partie mitigation ne me deplairait pas), mais il y a tellement d'aspects differents rien que dans l'adaptation, que je trouve tous interessants a leur maniere et que j'aurais envie d'explorer, que pour le moment je n'ai pas envie de trop restreindre ma recherche. En meme temps, beaucoup de gens s'attendent a ce que je recherche quelque chose de tres tres precis... on verra comment les choses se presentent!

Allez, a bientot :)

lundi 16 septembre 2013

De retour

Bon, avec quelques semaines de retard... voici ce que j'avais ecrit dans le taxi en rentrant chez moi le jour de mon retour d'Europe.

Arrivee a Dhaka. Pour une fois, je n'attends pas trop mes bagages et me retrouve rapidement assise a l'arriere du taxi. Compte tenu du poids desdites bagages (a peu pres mon poids), je ne tique meme pas aux 900 takas que demande la compagnie de taxis officielle. Pas le courage de marcher plus loin pour negocier. Comme je suis cette fois arrivee avec Emirates, qui n'est pas la moins chere des compagnies, pas de scene cette fois-ci dans l'avion, comme la derniere fois ou les passagers s'etaient tous leves et avaient commence a chercher leurs bagages au dessus des sieges a peine l'avion etait pose et n'avait pas encore fini de ralentir... 

Par contre, heureusement que je connais deja le pays, parce que la saison et l'heure n'e donnent as au nouvel arrivant la plus belle image... Le ciel est noir, de la nuit noire qui tombe, mais aussi des nuages de mousson, bas et menacants. Des chauve-souris, que l'on pourrait par leur taille prendre pour des corbeaux ou des rapaces (oui, nous avons les plus grandes chauves souris du monde), fendent le ciel. Le concert des klaxons commence, mais semble tout de meme un peu plus paresseux que d'habitude. 

Pas de doute, je suis rentree!

Entre temps, je me suis doucement reinstallee dans la routine, bien que je commence a me sensibiliser a certaines choses en me disant 'dans six mois je ne ferai plus ca'. Aaah je n'aime pas ca! L'appart est un peu vide, Anna est en Espagne pour un congres pour 10 jours, Anne en Suisse pendant tout le mois pour le boulot. heureusement j'ai largement de quoi me remonter le moral en me remplissant l'estomac de toutes les bonnes choses offertes et ramenees (qu'on a deja bien entamees tous ensemble avant le depart des filles)! Aaaah les bienfaits de la bonne bouffe ;) (d'ailleurs merci aux Braun Kouka pour le carton au tresors!!)

Je suis aussi retournee sur le terrain, pour  trouver comme toujours du bon et motivant, et du moins bon et deprimant. Par example, le proprietaire de notre prototype de maison climatique qui sabote les travaux de sa propre maison en piquant le materiel (des sacs de ciment et des baches de plastique dans un trou creuse dans le sol de sa maison et couvert de paniers, et des briques dans un sac plastique planquees dans son etang!). Ca, c'est le resultat de l'assistanat et des ONG qui veulent tout donner gratuitement sans rien en echange. On essaie de se battre contre ca, on demande aux fermiers de fournir au moins de la main d'oeuvre gratuitement, de contribuer a leur niveau et d'une facon precise qu'on fixe a l'avance. sinon on ne s'en sort pas... mais c'est dur, ici les gens ont tellement l'habitude de payer des qu'ils ont besoin de quelque chose! c'est facile de remplir les criteres de ton projet si tu paies les ferniers pour faire tout ce que tu leur dis de faire, mais c'est aussi la meilleure facon de t'assurer que tout va s'arreter quand tu t'en vas... Allo... bon je ne vous apprends rien, c'est plutot du bon sens, mais malheureusement ca ne suffit pas...

Sinon j'ai eu droit a un moment tres embarrassant dans le bureau d'un de mes collegues qui m'a fait venir pour me dire a quel point il etait choque d'avoir entendu que je ne prolongeais pas, que quand mme je ne pouvais pas faire ca, que je devais penser au projet, que tout s'arreterait si je n'etais pas la, que 10 petits mois de plus ce n'etait pas tant que ca, et que vraiment c'etait mal, tres mal si je partais... dur de lui expliquer que deux ans et demi je trouve que c'est une bonne duree, que je ne veux surtout pas etre blasee de ce pays et que je prefere partir avant de le devenir, que jai appris enormement durant ces deux ans mais que je ressens l'envie de me lancer dans quelque chose de nouveau, dans un lieu nouveau, d'elargir et d'approfondir mon experience, mon expertise, que c'est fatigant de devoir renouveler son cercle d'amis tout le temps parce que les gens arrivent et repartent (y compris les bangladeshis puisque les deux personnes de qui je me suis le plus rapprochee sont des bangladeshis qui sont partis, et ce ne sont pas les seuls)... Et puis ce ne sera jamais le bon moment pour partir, apres ce projet il y en aura un autre, etc! Alors je pense a moi pour le coup... et ca fait du bien je dois dire!

Bon, la ou c'est moins drole c'est que je commence a culpabiliser chaque fois que j'achete quelque chose en me demandant si je vais pouvoir le ramener. La ca va encore, je retrouve papa au Nepal dans moins d'un mois (youhouuuu!), mais apres il va serieusement falloir que je me calme ;) (PAPA, ceci est un message direct pour te dire de ne pas amener trop d'affaires, meme si on va avoir des sherpas!!).

Voila pour les dernieres nouvelles! Et ca m'a fait bien sur super plaisir de revoir tout ce monde lors de mon rapide passage :) Grosses bises!