mardi 13 novembre 2012

Bali

Je suis déçue, je vous avais préparé un long article sur Bali et je l'ai perdu...Pas grave, je m'y remets :)

Alors... Bali, cette petite perle dont beaucoup de gens on entendu parler grace (à cause?) du livre et du film Mange, Prie, Aime: l'histoire d'un femme qui après son divorce décide se lancer dans un "périple initiatique qui va l’emmener au bout du monde et d’elle-même. Lors d’un voyage aussi exotique que merveilleux, elle retrouve l’appétit de vivre et le plaisir de manger en Italie, le pouvoir de la prière et de l’esprit en Inde, et de façon tout à fait inattendue, elle trouvera la paix intérieure et l’amour à Bali. ", comme le décrit très bien Allociné. "This damn book" comme l'appelle les Balinais, car Bali attire un grand nombre de personnes en quête de spiritualité, de sens dans leur vie, de réponses...

Simple lubie à cause d'un livre ou d'un film? Aussi étrange que cela puisse sembler, Bali a un pouvoir magique. Oui oui, je vous assure. Une énergie incroyable, une atmosphère particulière, de celle qui vous fait prendre du recul sur les choses, réfléchir à la vie et vous détendre sans même vous en rendre compte, mais qui frappe tous les voyageurs... Bali, malgré les milliers de touristes qu'elle attire, a su garder une authenticité, une identité culturelle très forte. Dès qu'on quitte la côte et les hordes de surfers australiens venus profiter des hautes vagues, on pénètre dans cette bulle rafraichissante d'oxygène.

La religion hindoue très présente y joue un rôle important, sans aucun doute. Bali est la seule île indonésienne à majorité hindoue. Chaque maison a son propre temple, chaque village possède trois temples publics (pour Brahma, Shivah et Vishnu), dans lesquels sont organisés des cérémonies tous les six mois et auxquelles tout le village participe. Il existe également un certain nombre de temples publics, comme le magnifique temple de Besakih, sur les flancs du volcan Agung, avec ses toits à sept niveaux, ou encore le temple de Bedugul, au bord d'un lac de montagne... J'ai été particulièrement frappée par certaines différences avec l'hindouisme que j'ai pu voir en Inde, au Népal ou au Bangladesh, et notamment la forte présence de Buddha au milieu des statues de Ganesh, Shivah ou autre Krishna... Nous avons eu la chance de participer à deux cérémonies, durant lesquelles tout le village défile dans les rues, en tenue traditionnelle, avec des chars ou des représentations des différents dieux (qui dans l'une des cérémonies ont toutes perdu la tête (au sens propre) avant la fin!!!). Notre intrusion dans cette célébration spirituelle communautaire a semblé passer complètement inaperçue, quel bonheur de ne pas attirer l'attention au milieu de tant de gens et quel changement lorsque l'on vient du Bangladesh ;)

Cette spiritualité et cette énergie se fondent dans une nature équatoriale luxuriante, l'océan, la montagne, les volcans, les rizières, la forêt, les banians centenaires, les rizières, les fruits, les plantations de café et cacao... Pour l'anecdote,avez-vous entendu parler du café luwak, ce café considéré comme l'un des meilleurs et l'un des plus chers au monde? Jack Nicholson ne jure que par lui dans le film "The bucket list". Les grains de café sont digérés et excrétés par un chat sauvage avant d'être récoltés et torréfiés. Et bien nous avons découvert la bête, et assisté au procédé! pour ce qui est du gout je ne suis malheureusement pas suffisamment amateur de café pour pouvoir vous dire s'il vaut sa réputation, je ne peux que témoigner du fait que le goût est définitivement différent...


A cela s'ajoute un côté artistique très développé, apparemment débuté par des étrangers longtemps auparavant et imité et développé dans toute l'île. Art moderne, toiles colorées, qui contribuent à cette magie ambiante. Et puis il y a les massages, la culture de la relaxation... C'est comme si Bali était faite pour ressembler à un paradis pour le corps et l'esprit ;)

Notre séjour s'est donc rempli de plongée sous-marine (malheureusement le seul mois de l'année ou les raies manta ne sont pas là, mais avec toutefois ce sentiment merveilleux de nager au milieu d'un aquarium plein de coraux multicolores et de poissons tropicaux); rando dans les rizières et les plantations, visites de temples et cérémonies, mais aussi retrouvailles avec une très bonne amie indonésienne, Nina, qui a passé près d'un an au Bangladesh avec moi (et à qui nous sommes allés rendre visite à Rangamati lors de la première visite des parents)...


Bref, difficile d'expliquer ce sentiment que m'a laissé Bali, mais j'ai eu un gros coup de coeur pour cette destination.....

Avant et après, petite escale rapide à Singapour, apologie de la modernité, de l'ordre et la propreté, le pays ou le chewing gum et le durian (oui, le durian) sont interdits et où on peut avoir une amende de quelques centaines de dollars si on traverse la route en dehors des passages piétons, bref, le dépaysement extrême en arrivant de Dhaka ;) Moment de retrouvailles à Singapour aussi avec Parth, un ami indien qui a aussi passé pas mal de temps au Bangladesh. C'est incroyable à quel point ça fait plaisir de revoir des amis dans un pays différent, on rencontre tellement de gens en vivant à l'étranger, on dit au revoir à tellement de gens, on se promet toujours de se revoir, et puis on se répartit au quatre coins du monde. Alors quand on se revoit, pour de vrai, ça fait vraiment plaisir, c'est comme une promesse tenue.

Je m'arrête là, j'imagine que vous aimeriez des photos, il faudrait que je fasse de la place dans ma galerie picasa... J'y pense, mais je ne fais pas de promesse... Mais si vous voulez vraiment des photos, envoyez-moi un mail perso et je peux vous en envoyer quelques unes :)

Gros bisous
Melo

lundi 22 octobre 2012

L'update du mois

Salut a tous!

Voila l'update du mois!

Deja, je vais bien, merci pour vos gentils mails.
En fait, je vais meme tres bien. Je suis super occupee, et ca me plait. Pas mal de choses se sont recemment ajoutees a mon boulot, et par consequent a ma charge de travail, mais ce sont des projets tres interessants avec de belles opportunites a la clé, alors le moral est bon!

D'abord, mon projet (SmartFarm, qui fait partie du programme appele CCAFS - Climate change, agriculture and food security) va bien. On a mis en place 170 sanctuaires a poissons dans les rizieres autour d'un village en aout et maintenant on observe. Le but est d'offrir un refuge aux poissons locaux (c'est a dire pas les poissons qu'on "stocke" pour les vendre mais ceux presents naturellement dans les rivieres) un refuge ou ils peuvent se nourrir et se reproduire lorsque le niveau d'eau diminue, ou lorsque l'eau devient trop chaude pour eux. Ca consiste a des trous maintenus par des anneaux en beton (ceux utilises pour les latrines), c'est tout bete et ca marche. enfin, maintenant il va falloir mesurer les resultats (ben oui, faut pas oublier qu'on fait de la recherche).
Bon, en plus des trous a poissons, on a plusieurs idees en cours, notamment de l'agriculture verticale, et une ecole pour les fermiers, mais ca je vous en parlerai quand ca deviendra concret. Je reviens de toute une semaine sur le terrain en tete a tete avec mes projects officers, c'était choueeeeette :)

Ensuite, un nouveau projet arrive, aussi sous CCAFS programme, mais focalise sur le genre - au'est-ce qui pousse (ou non) les femmes a adopter une strategie d'adaptation au changement climatique? en l'occurence la strategie etudiee est la culture de poissons dans les cages dans les rivieres. Ce projet-la je ne le dirige mais, mais j'y suis impliquee. Ca va commencer vraiment en janvier mais pour le moment c'est de la lecture de docs.

Apres, il y a un nouveau gros projet de 5 ans et quelques millions finance par USAID sur l'adaptation aux changements climatiques dans les zonres protegees, auquel je vais aussi contribuer a hauteur de qqes jours par mois.

Fin novembre, je pars en Malaisie une semaine pour aller -enfin- visiter le siege du WorldFish et presenter mes activites a une conference a kuala lumpur.
La semaine suivante (donc debut decembre) je vais assister a la deuxieme semaine de negociations des Nations Unies sur le climat, a Doha. Je suis a nouveau accreditee avec l'organisation americaine Women Development and Environment Organization, avec laquelle j'avais participe aux negociations l'annee derniere a Bonn. Sur place je vais egalement jouer le role de support pour le representant du groupe Bangladesh Youth Movement for Climate, pour lequel nous essayons actuellement de trouver le financement. Je suis egalement en contact avec la delegation officielle du Bangladesh ainsi que les differents acteurs bangladeshi presents a Doha, ainsi qu'avec mes precedents contacts, notamment au Togo.

Apres ca je rentre a Dhaka pour une petite semaine, et le 16 decembre je suis convoquee a Delhi pour une semaine de meeting avec mon boss et mon donneur. Theoriquement de la je rentre en France pour Noel.

Du coup je bosse beaucoup, et je dois vraiment organiser mon temps le plus efficacement possible, pour avancer et aussi gerer le stress. Je me suis habituee a passer d'une chose a une autre tres rapidement, ce qui aide, mais ça ne marche pas tous les jours. Ce soir je vais faire du yoga, ma bulle d'oxygene de la semaine :)

Mais tous ces voyages font de belles coupures dans le quotidien et maintiennent le niveau d'énergie haut, c'est ce qui permet de gqrder le rythme! et en parlant de coupure, je suis en vacances a partir de demain soir car c'est Eid, la fete musulmane ou les vaches sont egorgees. Pour le coup on a pas mal de vacances nationales pendant lesquelles rien ne bouge, alors comme j;ai deja tente l'experience de passer Eid ici l'annee derniere, cette fois je pars rendre visite a une tres bonne amie indonesienne rencontree au Bangladesh, Nina, actuellement a Bali, pendant une dizaine de jours. Avec escale a Singapour pour rendre visite a un ami indien qui lui aussi a passe quelques temps au Bangladesh. Une dose supplémentaire d'énergie et de dépaysement avant de commencer a toute allure le mois de novembre :)

Bon, je sais, avec tout ca a force de parler climat en Malaisie, au Qatar et en Inde, la moindre des choses que je puisse faire sera de compenser mon empreinte carbone... :s

mardi 2 octobre 2012

Update de la situation actuelle dans le (la?) Desh



Suite a des infos parues dans les medias francais sur de recents evenements au Bangladesh et des emails de plusieurs d’entre vous, je vais essayer de vous faire un petit resume de la situation:

Premierement, je vais bien! La ville n’est pas a feu et a sang, je ne me fais pas poursuivre dans la rue par de feroces musulmans en colere, et je ne suis pas (plus!) enfermee chez moi par le WorldFish ou l’ambassade. Cela dit, la situation dans le pays n’a pas ete des plus calmes ces derniers temps.

Donc d’abord il y a eu ce stupide film, qui n’a bien sur pas plu et a fait pas mal de bruit, et nous a valu le blocage du site youtube jusqu’a ce que la video soit supprimee (elle ne l’est toujours pas et je doute qu’elle le soit un jour). Aussi sec j’ai commence a recevoir des messages de l’ambassade de France et de mes boss incitant a la plus grande prudence. Dans les jours qui ont suivi, plusieurs partis islamistes ont manifeste devant l’ambassade des Etats-Unis. Re-messages de prudence nous enjoignant de ne pas nous approcher, mais finalement on n’en a pas fait tout un foin. Les medias internationaux en revanche, ont parle de “plusieurs milliers de personnes”.  Je ne sais pas si c’etait aussi gros que ca, il ne faut pas oublier qu’on est dans le pays le plus densement people au monde, et que du coup rien qu’en comptant les gens qui circulaient simplement dans la rue a cet endroit, et ceux qui s’arretent et s’amassent pour observer des que quelque chose se passe, on arrive vite a des milliers.

Bref, la-dessus on entend parler de l’assassinant de l’ambassadeur americain en Libye. La, ca passe a un autre niveau: redoublement des messages de prudence de l’ambassade et du Worldfish, on nous conseille de ne pas sortir pendant tout un week end. Et puis pour couronner le tout Charlie Hebdo publie ses caricatures.

Tres franchement, je supporte a 100% la liberte d’expression, mais quand en son nom on attise volontairement des tensions et des violences (certes totalement intolerables) en rajoutant une couche a la (stupide et tres basse) provocation déjà existante, au risque de faire de nouvelles (innoncentes) victimes, je me demande quand meme ou est la logique. Et quand je me rends sur le terrain pour essayer de faire mon boulot et me retrouve coincee a la sortie de l’avion a Jessore pour cause de greve generale, sans transport pour Khulna, et parquee dans un hotel miteux dont on m’enjoint de ne pas sortir parce que certains extremistes ont decide de s’en prendre aux francais, (qui grace a Charlie Hebdo se retrouvent dans des situations a risque sans rien avoir demande a personne) j’ai la moutarde qui me monte au nez. Et je n’en mene pas large aussi, je dois dire, ce qui me donne probablement un regard different sur la situation.  Mais franchement, comme si on n’avait pas déjà assez de problemes a regler comme ca dans le monde!! Comme si les francais n’etaient pas déjà la cible d’Al Qaida en Afrique! Serieusement ca me rappelle mes disputes de gosses avec Jonathan quand on etait petits et que maman nous disait “le plus intelligent est celui qui s’arrete en premier”.  Mais non, nous on ne s’arrete pas, on met de l’huile sur le feu au nom de la liberte d’expression, pour provoquer quelques extremistes dont on sait pertinemment qu’ils vont reagir au quart de tour! Et en prime on generalise aux musulmans en general. “La rage musulmane” qu’ils disaient les articles.  Comme ca, juste au cas ou on n’a pas déjà suffisamment enerve et provoque les gens, on inclue la tres grande majorite de musulmans qui eux non plus n’ont rien demande a personne et ne demandent qu’a ce qu’on les laisse tranquilles… Et la liberte de croire en ce qu’on veut alors? Article 18 de la declaration des droits de l’homme, droit a la liberte de pensee, de conscience et de religion…

BREF! La situation s’etait calmee pendant quelque jours et voila que maintenant une photo jugee offensante aurait ete publiee sur facebook par un jeune bouddhiste (qui pretend que quelqu’un aurait utilise son compte a son insu), et serait la cause de violences dans le sud-est du pays (les Chittagong Hilltracks). Des temples bouddhistes et des maisons ont ete incendiees, des magasins pilles… En parallele, le 22 et 23 septembre, des violences ont ete perpetrees a Rangamati (egalement dans les Hilltracks) contre les groupes ethniques. Plus de 80 personnes auraient ete blesses, dont des politiciens, un docteur et un journaliste. Les causes ne sont pourtant pas tres claires, mais beaucoup soupconnent ces violences d’etre liees, et d'etre d’origine politiques, peut-etre meme liees au conflit de longue duree avec la frontiere birmane, tres proche. Affaire a suivre…

mardi 25 septembre 2012

Positive light

Après cet article sur le gris du développement, voici un peu plus de positivisme :)

Un superbe projet, par le jeune rédacteur du nouveau guide touristique Bradt du Bangladesh, rencontré à l'événement TEDxDhaka. L'objectif est de montrer a travers des photos toutes les beautes et les aspects positifs du Bangladesh qui ont tendance a etre oublies des medias, pour changer un peu des images de violences religieuses ou d'inondations, de cyclones et miseres habitellement vehiculees:

http://photography.crowdsourced.travel/


Régalez-vous les yeux :)

mardi 4 septembre 2012

Le coté gris du développement...


On m’avait prévenue, dans le monde du développement, tout n’est pas tout noir ou tout blanc. Tout n’est pas rose non plus, et bien qu’on nous en fasse voir de toutes les couleurs, au final ca se decline plutot en nuances de gris, tirant alternativement vers le clair ou le foncé selon le moral du moment. La vie au Bangladesh, c’est pareil. Mais ca ce sera un autre article. Restons sur le développement pour le moment.

On arrive la, dans un pays en developpement, tout jeune et tout plein d’espoir de changer le monde, d’avoir un reel impact, de faire quelque chose d’utile, etc etc. Ben oui, ca fait un peu cliché, mais c’est un peu vrai quand meme. On a entendu toutes sortes de chose savant de partir, du tres bon, du bon, du mauvais, du tres mauvais. On se dit qu’il faut se faire sa propre opinion, sa propre experience. Et on se lance.

Et petit a petit on se rend compte qu’il y a du tres bon, du bon, du mauvais, et du tres mauvais. Mais pas que. Il y a aussi le pas trop frustrant, le frustrant et le tres frustrant. Et puis il y a le pas satisfaisant, le passablement satisfaisant, le satisfaisant, et le super satisfaisant. Celui la en plus il est super encourageant. Mais faut pas vous attendre a le trouver tous les jours.

En moyenne on reste dans le positif, quand meme. Mais on remarque progressivement toutes ces incoherences du monde du developpement, qui agacent, enervent, enragent, decouragent, et qui quand on reste trop longtemps finissent par laisser indifferent. La, ca devient grave, il faut changer de métier, de pays, voir autre chose. Ouf, j’en suis pas la et j’ai bien l’intention de ne pas y arriver. J’aime mon boulot, je crois toujours pouvoir reussir a en faire quelque chose d’utile, mais quand meme, il y a tous ces petits trucs qui agacent, qui genent ou qui questionnent.

Par exemple, en vrac: 

Ø  les gens qui ont un budget tellement grand pour leur projet qu’ils cherchent desesperement a trouver un moyen de depenser leur argent avant la fin de l’annee, parce que le donneur veut pouvoir mettre dans son rapport d’activites qu’il a investit tant et tant dans X pays, pendant que toi tu galeres a essayer de faire plein de choses et a compter tes centimes pour verifier que ton budget le permet…

Ø  Les gens qui gagnent tellement que ton budget sur trois ans pour l’ensemble de ton projet ne suffirait pas a payer leur salaire pour un an, et en parallele les gens qui gagnent tellement peu a travailler sur des projets de plusieurs millions qu’ils deviennent blases et se demandent ou est la logique.

Ø  Les gens qui redigent des projets de developpement sur des pays dans lesquels ils n’ont jamais mis les pieds, et qui pensent tout connaitre de la situation locale

Ø  le donneur qui au bout d’un an se dit que peut-etre en fait finalement on pourrait changer de villages? Non?

Ø  les 100000 intermediaires a different niveaux, dans different pays et sur different fuseaux horaires, qui vont mettre leur nez dans dans tes documents et donner leur accord avant que quoi que ce soit ne soit approuvé, sauf qu’ils ne sont jamais d’accord entre eux.

Ø  Les lenteurs administrative en general, qui vous font demander si votre projet aboutira un jour et si ce que vous faites sert a quelque chose. 

Ø   La multiplication de projets dans les memes zones et sur les memes thematiques mais l’absence presque complete de coordination entre chacun; et dans le meme style, la multiplication de rapports sur des themes vus et revus, qui soit se basent tous sur le seul et meme rapport et fournissent les memes données pendant les 15 ans qui suivent, soit pretendent qu’ils sont les premiers a avoir une idée pareille et ne prennent meme pas la peine de lire les rapports preexistants. 

Ø  Les gens qu’on embauche et qu’on paie des salaires completement extravagant parce qu’ils ont un tres bon CV mais qu’au final on se demande a quoi ils servent.

Ø  Les “beneficiaires” (berk on n’aime pas ce mot, ca fait assisté de l’humanitaire) qui vous disent “ah parce qu’il faut qu’on travaille nous aussi? On pensait que vous alliez payer des gens pour venir tout faire a notre place dans notre village” (veridique, mais heureusement mais generalisé, seulement malheureusement ca fait aussi partie de la réalité)

Bon, je vous dis ca, mais n’allez pas croire que je suis déprimée, découragée, dégoutée. Ok, parfois un petit peu. Mais ca passe de nouveau, et on continue. J’ai encore de l’energie en stock, et puis je refais le plein d’energie a chaque fois que je vais dans les villages. Malgré tous ces désagréments, je continue de voir la pertinence de certaines initiatives, le besoin pour certaines activités, la motivation de certaines personnes, le bien-fondé de certains projets.

Tout ce que je dis, c’est qu’il faut voir la réalité en face. Tout n’est pas rose. La chose la plus importante, c’est de ne pas generaliser, parce qu’il y a toujours du tres bon, du bon, du mauvais, et du tres mauvais. Et la deuxieme chose la plus importante, c’est la patience. Tout vient a point a qui sait attendre. Et selon les pays, il faut savoir attendre plus ou moins longtemps, c’est tout…

lundi 30 juillet 2012

Mariages...

Un site de photo pour se faire une bonne idee des mariages bangladeshis...

http://www.weddingdiary.com.bd/wedding-diary-photo.php

samedi 7 juillet 2012

Melo dans un TV show, ou, Back from the 60ies

Dans la serie des nouvelles experiences au Bangladesh, j'ai finalement cede a une des multiples offres de passer a la tete. Comme il y a tres peu d'etrangers au Bangladesh, nous sommes regulierement sollicites pour participer a des defiles, des pubs pour des magasins de fringues, et recemment j'ai meme ete contactee par le groupe de ciment Lafarge pour tourner leur pub video a Sylhet. Et puis quoi encore, pourquoi pas Total ou McDo...!

Cela dit, l'autre jour une de mes collegue a deboule dans mon bureau en me demandant si je voulais participer a un TV show le soir meme. Le concept est ridicule, mais je me suis dit que ce serait marrant, donc j'ai dit oui. Il s'agit d'une emission de tele realite / concours de beaute (ridicule, je vous l'a dit), donc les filles sont eliminees progressivement chaque semaine. Il en reste actuellement 5 et dans le dernier episode elles etaient sensee tourner une fausse pub pour Lux (marque de savon, qui finance l'emission). La difficulte etait de prononcer le slogan... en francais! L'equipe de tournage avait donc besoin d'une francaise pour apprendre aux candidates la prononciation exacte de la phrase (Juste un peu de Lux), devant la camera...

Hilarant! Mais pas autant que le maquillage et la coiffure des annees 70 dont j'ai ete gratifiee, comme vous pouvez le constater... (elles m'ont demande ce que je voulais, je leur ai dit de faire ce qu'elles voulaient, ca faisait partie du fun de participer...)... enjoy, vous avez le droit de vous moquer :D





Et pour le souvenir, le passage en direct a la tele au moment du Nouvel An Bengali pour souhaiter bonne annee en bangla ;)

jeudi 5 juillet 2012

28 juin - 1 an dans le Desh

Le 28 juin est devenu un jour special pour moi... Non seulement c'est le solstice d'ete (grand jour pour les Incas), mais c'est egalement la date a laquelle je m'etais envolee pour le Perou en 2007 avec Sylvestre, et qui marquait le debut de mes voyages sans les parents (a l'exception de ce memorable voyage a la Reunion quand j'avais 14 ans, qui a cause quelques stress mais a sans doute contribue a les preparer psychologiquement a ce qui les attendait, hehehe)...

Bref, le 28 juin est aussi la date a laquelle je suis partie au Bangladesh, il y a un an... 1 an deja, qui est passe a toute vitesse, si vite que j'ai du mal a y croire...

Un an, de la saison des pluies a la saison des pluies, en passant par l'hiver beaucoup plus froid que prevu, les mois tres chauds en avril mai, avec les coupures d'electricite toutes les heures et notre generateur en panne (et par consequent les repas a la bougie), les orages... Je constate moi-meme les irregularites climatiques. Nous avons eu un mois de presque mousson vers le mois d'avril-mai, avec de gros orages, puis la pluie s'est arretee. En ce moment il pleut brievement tous les deux-trois jours, pas tous les jours pendant des heures comme lorsque je suis arrivee, et les orages sont rares alors qu'ils eclataient toutes les nuits il y a un an...

Un an de rencontres, d'amis venus de France, d'Allemagne, de Suisse, d'Angleterre, de Belgique, d'Espagne, d'Italie, de Hollande, du Danemark, de Suede, de Norvege, de Pologne, des Etats-Unis, du Canada, d'Equateur, d'Inde, du Sri Lanka, du Nepal, d'Indonesie, du Vietnam, de Coree, d'Australie, et bien sur du Bangladesh, et j'en oublie surement... Un an de rencontres et liens crees, mais aussi de separation, de soirees de depart, et de plans pour se rendre visite aux quatre coins du monde...

Un an de travail, mon premier emploi... cinq mois en fait, si on considere que les six premiers mois etaient un stage et que j'ai prix un break de un mois entre les deux... Mais un an de travail sur le meme projet, un an d'excitation et de frustration, un an et je vois deja tellement la difference, dans mes connaissances, mes competences, mon assurance... Un an que j'apprends sur le tas:
> au niveau technique : aquaculture et peches, geomorphologie d'un delta, gestion des mangroves, agriculture, impacts du changement climatique, des polders, de la culture de la crevette, de l'extraction de bois illegale dans les sundarbans... le fait de comprendre la difference de fonctionnement - et de mentalite - entre un centre de recherche et une ONG...
> au niveau du management : recherche participative avec les communautes, evaluation de vulnerabilite, selection de sites, conception d'activites, redaction de projet, demande de financement,  mise en place de partenariats, gestion de budget, gestion des delais, communication avec le donneur, entretiens et embauche de personnel, embauche de consultants, suivi et supervision, organisation de formations - en tant que simple organisateur ou formateur, participation a des conferences, communication et travail avec le gouvernement et la FAO...
> et au niveau administratif : procedures, communications avec le QG, formulaires divers et varies tous specifiques a une situation particuliere, tellement de paperasse... et le fait de devoir s'affirmer pour obtenir ce qu'on veut!
> et au niveau culturel:  La gestion des relations interculturelle et inter generationnelles, le travail sur le genre, les avantages et les inconvenients d'etre une fille - jeune - etrangere (ca fait beaucoup) avec tout ce que ca implique (au WorldFish, sur le terrain, dans les relations avec le gouvernements, c'est alternativement un avantage et un inconvenient), le fonctionnement hierarchique, le fait de s'adapter a differentes situations: le mode de vie dans les villages, le fait que les femmes ne sortent pas beaucoup de l'enceinte de leur maison donc il faut trouver des strategies pour les inclure dans les projets, le fait de travailler pendant le Ramadan avec des collegues qui ne mangent pas et ne boivent pas de toute la journee et deviennent irritables en fin de journee, le respect de ceux qui ont besoin de pauses pour prier cinq fois par jour...

Et bien sur tout ceci s'applique au niveau personnel aussi... Un an de decouvertes, d'habitudes prises, de convictions ebranlees, d'avis changes, de positions nuancees, de limites repoussees, de referentiel modifie...  une meilleure comprehension des mariages arranges, de la conception des relations, du fait que tellement de gens aient une femme de menage, un cuisinier, un chauffeur, un garde, dans un pays surpeuple ou il faut creer de l'emploi, meme petit, pour toute cette population... une meilleure tolerance a la pluie, aux cafards, au piment, a la foule, au traffic, aux klaxons, aux regards, aux mendiants, au chaud, au retard, aux changements de plans de derniere minute, au manque de fromage et de charcuterie (mais souvenez-vous, je peux recevoir des colis ;) ) ...quelques centaines de rickshaws utilises, de photos de moi volees dans la rue (qui sait sur combien de sites internet on utilise illegalement ma tete et pour quel motif ;), quelques milliers de "which country", de sourires et de regards echanges dans la rue... quelques passages a la tele, meme! (article a venir)...
Des petites fiertes aussi, comme le fait d'avoir acquis un niveau raisonnable de bangla, ou le fait de savoir enfin mettre un sari toute seule, d'entrendre mes amis bengalis me dire que je suis devenue bengalie, ou encore d'etre devenue un peu la personne de reference au bureau et dans notre cercle d'amis quand des nouveaux arrivent.. 

Un an, et combien a venir? Je dois dire que je n'en sais rien... Je quitterai ce pays avant d'en etre blasee, c'est sur, ce serait trop dommage... Mais je suis encore loin, tres loin de ce stade... et j'ai encore bien trop de choses a decouvrir :) Mais qui sait ce que l'avenir me reserve, je reste ouverte a toutes opportunites!

Des bisous


dimanche 17 juin 2012

Tu sais que tu t'es acclimaté(e) au Bangladesh quand...:


-          Tu traverses la route au milieu du traffic, en tendant le bras paume levée pour dire “je passe, toi tu t’arretes”
-          Tu ne remarques meme plus les gens qui te devisagent et qui parfois s’arretent meme dans la rue pour te regarder passer
-          Tu es passé de l’étonnement a l’agacement pour finalement atteindre l’amusement quand on te demande pour la 145 768eme fois “which countryyyyy?”
-          Tu manges avec ta main aussi efficacement qu’avec ta fourchette, quel que soit le degre de solidite (ou de liquidite) de ta nourriture, tu sais decortiquer aussi bien le poulet que le poisson et les crevettes avec ta seule main droite, et tu te laves LA main a la fin du repas
-           Tu ne te poses meme plus de question quand un morceau de nourriture tombe par terre, tu hausses les epaules et le manges (ben oui, de toute facon la femme de ménage passe tous les jours)
-          Tu n’affiches plus cette moue degoutee quand tu trouves un cafard (vivant ou mort) dans ta salle de bain, tu te contentes de te dire “ah, encore un”
-          Tu tries les fourmis dans tes paquets de cereales, de gateau, ou sur le saucisson qu’on t’a fraichement ramene de France. Tu as trouvé la technique pour te debarasser des insectes dans le riz et les lentilles: tu mets le tout sous l’eau, les insectes flottent, tu les repeches, et hop! Ni vu ni connu.
-          Tu negocies ardemment tes rickshaws, ton kilo de tomates ou ton tissu, bah oui quoi 100 taka c’est 100 taka (1 euros) :s
-          Tu maitrises l’art d’enrouler 6 metres de tissu autour de toi, et tu peux meme prendre un rickshaw avec ton sari. Prochaine étape, le vélo en sari (la tu merites la nationalité)
-          Tu n’es plus étonné d’avoir les pieds dans l’eau a chaque tour de pedales après une pluie d’1/2 heure
-          Tu as appris a cuisiner a la bougie, parce que ton generateur est tout le temps en panne.
-          Tu regles ta clim sur 30 degres et tu te dis “waaah il fait frais!”
-          Tu n’entends meme plus les klaxons dans la rue, et tu te sers de ta sonnette de vélo a tout bout de champs.  
-          Tu savoures la Heineken, parce que tu n’as rien d’autre, mais tu benis le Picon, quand quelqu’un t’en ramene…
-     Tu ne pretes meme plus attention quand ton interlocuteur interrompt sa phrase d'un gros raclement de gorge type "je crache mes glaires" ou d'un rot en plein milieu d'un conversation.

-     Tu rigoles de tout ca et pourtant tu adores Dhaka et tu ne te vois pas vivre ailleurs!

- ... to be completed!

Wedding :)



lundi 4 juin 2012

Petit complement sur les mariages arranges


Les mariages aranges sont une pratique tres frequente ici, tres bien acceptee par la societe et bien moins choquante que ce qu'on n'en pense en France. La conception de l'amour et des relations n'est bien entendu pas la meme que la notre, mais on voit d'un bon oeil que les parents cherchent un partenaire a leur enfant si celui-ci a ete trop absorbe dans ses etudes et son travail pour trouver quelqu'un par lui-meme. Personne ne veut finir sa vie tout seul, donc la pratique est relativement bien acceptee, meme chez les jeunes. 

Bien sur tout depend pour eux dans quelle mesure ils ont leur mot a dire. Generalement les parents font une preselection puis leur donnent une liste de CV et l'enfant a le droit de choisir une serie de personnes, de les rencontrer (en presence des deux familles), de parler un moment en prive... La duree de la conversation privee (et du nombre de rencontres) varie selon les familles, les plus strictes limitent a une seule rencontre de 10-15 minutes mais le plus souvent dans les familles "modernes" de Dhaka les jeunes sont relativement libres de discuter. 

Ils ne sont pas amoureux au moment du mariage mais le choix est fait de telle sorte qu'ils soient compatibles (je parle de la ville, car dans les villages il arrive toujours de marier de jeunes filles a des hommes bien plus ages), et les gens disent communement qu'ils tombent amoureux au fil des annees, tandis que pour un mariage d'amour les sentiments disparaissent au fil des annees, d'ou le grand nombre de divorces. Pas de mariage d'amour, donc pas de divorce. 

et vous vous en pensez quoi?