mardi 25 septembre 2012

Positive light

Après cet article sur le gris du développement, voici un peu plus de positivisme :)

Un superbe projet, par le jeune rédacteur du nouveau guide touristique Bradt du Bangladesh, rencontré à l'événement TEDxDhaka. L'objectif est de montrer a travers des photos toutes les beautes et les aspects positifs du Bangladesh qui ont tendance a etre oublies des medias, pour changer un peu des images de violences religieuses ou d'inondations, de cyclones et miseres habitellement vehiculees:

http://photography.crowdsourced.travel/


Régalez-vous les yeux :)

mardi 4 septembre 2012

Le coté gris du développement...


On m’avait prévenue, dans le monde du développement, tout n’est pas tout noir ou tout blanc. Tout n’est pas rose non plus, et bien qu’on nous en fasse voir de toutes les couleurs, au final ca se decline plutot en nuances de gris, tirant alternativement vers le clair ou le foncé selon le moral du moment. La vie au Bangladesh, c’est pareil. Mais ca ce sera un autre article. Restons sur le développement pour le moment.

On arrive la, dans un pays en developpement, tout jeune et tout plein d’espoir de changer le monde, d’avoir un reel impact, de faire quelque chose d’utile, etc etc. Ben oui, ca fait un peu cliché, mais c’est un peu vrai quand meme. On a entendu toutes sortes de chose savant de partir, du tres bon, du bon, du mauvais, du tres mauvais. On se dit qu’il faut se faire sa propre opinion, sa propre experience. Et on se lance.

Et petit a petit on se rend compte qu’il y a du tres bon, du bon, du mauvais, et du tres mauvais. Mais pas que. Il y a aussi le pas trop frustrant, le frustrant et le tres frustrant. Et puis il y a le pas satisfaisant, le passablement satisfaisant, le satisfaisant, et le super satisfaisant. Celui la en plus il est super encourageant. Mais faut pas vous attendre a le trouver tous les jours.

En moyenne on reste dans le positif, quand meme. Mais on remarque progressivement toutes ces incoherences du monde du developpement, qui agacent, enervent, enragent, decouragent, et qui quand on reste trop longtemps finissent par laisser indifferent. La, ca devient grave, il faut changer de métier, de pays, voir autre chose. Ouf, j’en suis pas la et j’ai bien l’intention de ne pas y arriver. J’aime mon boulot, je crois toujours pouvoir reussir a en faire quelque chose d’utile, mais quand meme, il y a tous ces petits trucs qui agacent, qui genent ou qui questionnent.

Par exemple, en vrac: 

Ø  les gens qui ont un budget tellement grand pour leur projet qu’ils cherchent desesperement a trouver un moyen de depenser leur argent avant la fin de l’annee, parce que le donneur veut pouvoir mettre dans son rapport d’activites qu’il a investit tant et tant dans X pays, pendant que toi tu galeres a essayer de faire plein de choses et a compter tes centimes pour verifier que ton budget le permet…

Ø  Les gens qui gagnent tellement que ton budget sur trois ans pour l’ensemble de ton projet ne suffirait pas a payer leur salaire pour un an, et en parallele les gens qui gagnent tellement peu a travailler sur des projets de plusieurs millions qu’ils deviennent blases et se demandent ou est la logique.

Ø  Les gens qui redigent des projets de developpement sur des pays dans lesquels ils n’ont jamais mis les pieds, et qui pensent tout connaitre de la situation locale

Ø  le donneur qui au bout d’un an se dit que peut-etre en fait finalement on pourrait changer de villages? Non?

Ø  les 100000 intermediaires a different niveaux, dans different pays et sur different fuseaux horaires, qui vont mettre leur nez dans dans tes documents et donner leur accord avant que quoi que ce soit ne soit approuvé, sauf qu’ils ne sont jamais d’accord entre eux.

Ø  Les lenteurs administrative en general, qui vous font demander si votre projet aboutira un jour et si ce que vous faites sert a quelque chose. 

Ø   La multiplication de projets dans les memes zones et sur les memes thematiques mais l’absence presque complete de coordination entre chacun; et dans le meme style, la multiplication de rapports sur des themes vus et revus, qui soit se basent tous sur le seul et meme rapport et fournissent les memes données pendant les 15 ans qui suivent, soit pretendent qu’ils sont les premiers a avoir une idée pareille et ne prennent meme pas la peine de lire les rapports preexistants. 

Ø  Les gens qu’on embauche et qu’on paie des salaires completement extravagant parce qu’ils ont un tres bon CV mais qu’au final on se demande a quoi ils servent.

Ø  Les “beneficiaires” (berk on n’aime pas ce mot, ca fait assisté de l’humanitaire) qui vous disent “ah parce qu’il faut qu’on travaille nous aussi? On pensait que vous alliez payer des gens pour venir tout faire a notre place dans notre village” (veridique, mais heureusement mais generalisé, seulement malheureusement ca fait aussi partie de la réalité)

Bon, je vous dis ca, mais n’allez pas croire que je suis déprimée, découragée, dégoutée. Ok, parfois un petit peu. Mais ca passe de nouveau, et on continue. J’ai encore de l’energie en stock, et puis je refais le plein d’energie a chaque fois que je vais dans les villages. Malgré tous ces désagréments, je continue de voir la pertinence de certaines initiatives, le besoin pour certaines activités, la motivation de certaines personnes, le bien-fondé de certains projets.

Tout ce que je dis, c’est qu’il faut voir la réalité en face. Tout n’est pas rose. La chose la plus importante, c’est de ne pas generaliser, parce qu’il y a toujours du tres bon, du bon, du mauvais, et du tres mauvais. Et la deuxieme chose la plus importante, c’est la patience. Tout vient a point a qui sait attendre. Et selon les pays, il faut savoir attendre plus ou moins longtemps, c’est tout…