lundi 11 novembre 2013

Nepal!

Salut a vous,

Me voila de retour dans l'effervescente Dhaka apres le calme de l'Himalaya, quel contraste!

(Note: oui ca fait deja deux semaines en fait mais bon je suis un peu lente a la msie a jour ;) )

Avant de lire cet article, je vous invite a lancer la musique que vous trouverez ici: https://www.dropbox.com/sh/y5r8xox6cgk964j/jOtyPQJQYC (probablement pour une duree limitee car je vais devoir liberer la place).

Ca y est? Maintenant fermez les yeux (lisez d'abord le paragraphe jusqu'a la fin) et imaginez les hauts sommets enneiges de l'Himalaya sur fond de ciel bleu, avec des drapeaux de priere flottant au vent, une odeur d'encens et des moines bouddhistes au crane rase dans leur robe orange ou ronge foncee. et des bols tibetains, des gongs et des moulins a priere... Voila, ca vous donne une petite idee de l'atmosphere... 

J'ai donc profite des conges de Durga Puja (plus gros festival hindou de l'annee) et de Eid (plus gros festival musulman de l'annee, ou l'on sacrifie les vaches) pour rejoidre papa au Nepal pour un trek dans l'Himalaya. Je suis arrivee le vendredi 11 Octobre, qelques jours apres papa qui avait deja repris ses marques et est venu me chercher a l'aeroport. Apres un lunch nepalais en tete a tete, nous sommes alles retrouver le guide et louer nos sacs de couchage et batons de marche pour le trek, puis nous sommes promenes dans les rues du Thamel, pleines de petites boutiques. Le soir nous avons deguste une bouteille de pinot gris grand cru avec le gerant de l'hotel, que nous connaissons depuis notre dernier voyage au Nepal en 2011. 

Le lendemain (samedi), nous sommes partis en bus avec notre guide et notre porteur pour Pokhara.Voyage beaucoup plus confortable que prevu, avec place pour les jambes dans le bus et deux arrets a quelques heures d'intervalle, pour le petit dej et le lunch. Nous arrivons a Pokhara en debut d'aprem, posons nos sacs et partons faire du reperage. Ici encore, on voit que les touristes sont nombreux, les boutiques s'enchainent les unes apres les autres (et, comble, on croise meme un dromadaire qui trimballe les touristes! Aberrant!). Mais l'ambiance est paisible, et le temps tres agreable. Nous nous installons au bord du lac pour siroter une biere en regardant le coucher de soleil sur le lac et les sommets du Machhapuchhre et de Mardi, desquels nous nous approcherons a pieds dans les jours a venir, via le trek "Mardi Himal" (que nous avosn choisir parce qu'il est relativement nouveau, donc baucoup moins frequente que le traditionnel tour des Annapurnas, mais dans la meme region). Le soir nous rentrons a l'hotel manger le traditionnel daal bhat (riz, lentilles et legumes) avec le guide Chure et le porteur Gombe.Nous avons rassemble toutes nos affaires dans un sac que porte Gombe. On a eu peur un peu au debut, parce qu'il n'est pas beaucoup plus grand que le sac en lui-meme, mais a voir comment il a galope devant pendant les jours a venir, ca n'a pas eu l'air de lui poser le moindre probleme!

Dimanche matin, nous quittons l'hotel vers 8h en taxi pour nous rendre au point de depart de notre randonnee, Dampus. C'est sans compter le pneu creuve du taxi apres environ 15 minutes! Nous nous arretons en ville pour remplace le pneu creuve (et lisse) par un pneu non creve (mais tout aussi lisse!). On en profite pour prendre un bon the noir en regardant le Machhapuchhre. C'est une montagne sacree sur laquelle personne n'est autorise a grimper au sommet, qui culmine a 7000m. Nous repartons vers 9h. Lorsque le taxi entame une route caillouteuse qui serpente vers les hauteurs, le chauffeur rale de plus en plus, et ils finit par nous laisser terminer a pieds. Nous prenons un lunch a Dampus puis c'est parti! La marche est vraiment agreable, sur des chemins caillouteux ou des marches en pierre, a travers des villages, avec un ciel bleu et soleil et de magnifiques vues sur les sommets. Nous sommes en short! Apres a peine 2h30 de marche tranquille (a tout casser), nous arrivons a Deurali, qui est notre etape pour la nuit. Nousralons un peu avec le guide, on aurait bien marche encore quelques heures, mais il dit que l'etape suivante est a plus de 3h de marche et qu'il est deja 14h passee, et qu'il n'est pas prudent de continuer. Ma foi, il ne nous connait pas et est prudent et nous ne parvenons pas a le convaincre alors nous restons la. deurali est en fait 3 guesthouses (tea houses) autour d'une petite place centrale ou ils vendent un tout petit peu d'artisanat. Je craque pour une jolie etoffe en laine de yack bleue, que je ne regretterai pas dans les jours a venir!!!  bon, on prend nos quartiers, on passe l'aprem a siroter du the, faire la sieste, jouer aux cartes et bouquiner. Nous faisons aussi la connaissance d'un groupe d'allemands qui suivent le meme itineraire que nous. Le soir, le temps se couvre et il commence meme a pleuvoir.

Lundi matin: il a plu toute la nuit et ca continue. Les allemands ne sont pas motives a bouger mais notre guide est super dynamique. Petit dej, reorganisation des sacs pour la pluie, et on y va. Il nous faut environ 3 heures pour arriver au Forest Camp (2600m), a travers une magnifique foret dense et humide (d'autant plus humide que la pluie de cesse pas), tout (sol, troncs, lianes) est recouvert d'une impresionnante couche de mousse verte, jaune, orange. Malgre le couvert des arbres, nous arrivons a Forest camp trempes et frigorifies, et apprecions le poele a bois de la piece commune! Forest Camp etait l'etape initialement prevue, et bien que nous avions decide la veille que nous pousserions jusqu'a Low Camp (la prochaine etape), la pluie intense et incessante nous force a rester la. Nous passons des vetements secs, squattons l'espace autour du poele pour nos vetements et chaussures, et plaignons de tout coeur les campeurs qui installent leur tentes sous la pluie battante dehors! En enlevant mes chaussures, je constate une petite fissure entre la chaussure et la semelle, mais tout le monde m'affirme qu'a ce stade ca prend encore longtemps avant de se decoller pour de bon, donc pas d'inquietudes a avoir! Autre point notable de la journee: le guide ous avait prevenu que c'etait la saison des sangsues, et cette information nous a ete largement confirmee! il y en a par-tout et on ne compte plus le nombre de fois on on les detache de nos pantalons, puis de nos doigts!

Un the et quelques parties de cartes plus tard, nous sommes rechauffes. Les allemands arrivent un peu plus tard, tout el monde est dans la piece commune et le temps passe tranquillement entre cartes, lecture et bavardage et blagues avec les guides et porteurs et les gerants du lieu. Les conversations sont ponctuees tres regulierement de "Que garne!", qui veut dire quelque chose comme "qu'est-ce qu'on peut y faire" en nepalais (en reference a la pluie le plus souvent). 
Au moment du diner, toutes les tables sont prises et papa et moi decidons d'aller manger dans la cuisine, avec les nepalais. Notre guide Chure, tres sociable avec tout le monde, a pris la place aux fourneaux et nous prepare une soupe de legumes et un dal bhat. Nous papotons et blagons avec les guides et la dame qui gere la tea house, c'est tres convivial, nous adorons cette ambiance bien plus "locale" que celle de la grande salle, bien que sympatique aussi. Notre repas fini, nous cedons la place aux nepalais et retournons dans la grande piece. Lorsqu'il viennent nous y rejoindre un peu plus tard, papa fait fureur en sortant sa fiole de schnaps, qui fait rire aux eclats notre Chure, tire une grimace de Gombe, et fait tourner la tete a notre gerante des lieux, qui nous fait comprendre a force de mimiques qu'elle est soule! 

Mardi matin, alors que la pluie a cesse dans la nuit, et recommence a pleuvoir. Nous remettons donc nos patanlons boueux et notre k-way froid et mouille et nous remettons en marche. Objectif: Low Camp (3000m), mais cette fois nous comptons bien comvaincre le guide de faire deux etapes en une et continuer jusqu'a High Camp (3600m). Nous continuons notre marche dans la belle foret dense de la veille, pendant quelques heures. Au moment d'arriver a Low Camp, je sens quelque chose traner sous mon pied, et me rends alors compte que mes deux semelles se sont decolles au niveau du talon et presque jusqu'au milieu de la chaussure! Non non non, c'est pas le moment, il nous reste encore 3,5 jours a marcher et ici on ne trouve definitement plus ni chaussures, ni colle, ni quoi que ce soit a acheter! Ca + la pluie incessante ne motive pas trop le guide a continuer mais on ne cede pas. On veut monter au High Camp! On trouve donc des bouts de ficelle et on rattache mes talons en enroulant la ficelle autour de mes pieds. On se rechauffe un peu autour du feu puis on se remet en marche vers midi, direction high camp.
Cette fois-ci,apres une courte montee dans la foret, on est a decouvert, sur la crete, entoures d'epais brouillard blanc, a marcher dans un sentier etroit qui se transforme progressivement en ruisseau glissant avec la pluie, avec de part de l'autre de raides pentes herbues qui vont se perdre dans le blanc nuageux. C'est tres impressionnant de n'avoir aucune idee de ce qui se cache derriere l'epais ecran blanc autour de nous... J'ai adopte le rythme de marche de papa, qui est assez lent mais tres regulier, donc on ne s'arrete jamais. J'apprecie, on marche tellement regulierement qu'au final on en diffrencie plus vraiment la montee, la descente ou le plat, on adapte juste l'effort et le rythme en fonction et on se fatigue beaucoup moins. Ceci dit, entre la pluie, le denivele et l'altitude, on commence a se dire que pour la premiere fois on arrivera vraiment faigues et on aura merite de s'arreter! La derniere demi hure est la plus longue, on a faim, froid et on est fatigues, et on commence a esperer pour chaque montee qui se dresse devant nous que c'est la derniere. C'est donc avec soulagement qu'on finit par atteindre l'unique Tea House du High Camp, au milieu des nuages. On file se changer (je crois que mes dents mettent bien 10 minutes a arreter de claquer) et on se regroupe dans la piece commune ou les deux jeunes qui gerent les lieux allument un bon feu. Trois des allemands sont la, leurs trois amis ont decide de rester au low camp pour la nuit.

 Mercredi: le temps ne s'est toujours pas ameliore. Aux dernieres nouvelles c'est a cause du cyclone en Inde, qui a apporte son lot de nuages et de pluie. Mais la rumeur dit que ca pourrait se degager dans la journee.... Comme on a une journee d'avance sur notre programme et qu'on est de toute facon au point culminant de notre trek (puisque par ce temps il n'est pas prudent de monter au Base Camp a 4500, soit 7 heures de marche aller retour), on decide de passer la journee et la nuit au high Camp, en esperant une eclaircie. Ce n'est franchement pas desagreable, au contraire! Une vraie journee de vacances, bien au chaud pres du feu, avec de la nourriture (du dal bat et de la soupe et meme une boite de Pringles!!), a jouer aux cartes, bouquiner, papoter, rigoler avec les nepalais. Vraiment tres chouette en fait! On guette dehors assez regulierement mais on ne voit toujours pas la montagne d'a cote, en fait on ne voit meme pas a 100 metres.... Les trois autres allemands arrivent le soir, et la piece se remplit pour le diner. On se faufile dehors a un moment et on apercoit un troupeau de yacks tout pres du refuge. Belle decouverte, ca fait notre journee! Mais ce n'est pas fini. Apres diner, alors que la nuit est tombee, tout a coup on regarde dehors et on s'exclame. La, juste la, il y a un immense pic blanc qui scintille dans la nuit. Le Machhapuchhre hors des nuages dans la nuit noire! Et sur la gauche, Annapurna Sud et ses voisins, qui culmines tous a 7000-8000m. Magnifique. On l'a tellement attendu qu'on est tous sur-excites. On file se coucher en planifiant de se reveller tot pour observer la vue qu'on espere degagee. 

Jeudi: le lever du soleil est absolument magique. Les rayons rasants du soleil, la brume, les nuages, les bouts de ciel degages, les sommets qui depassentet scintillent, la couleur et la lumiere, la vallee en contrebas.... Ca vaut toute la pluie des jours precedents, et la montee dans la puree de pois complete rend cette decouverte de la vue encore plus belle et impressionnante.
 On s'attarde tout autour du Hih Camp pendant quelques heures jusqu'a ce que les nuages recouvrent a nouveau la vue. C'est le moment de se separer. Les allemands tentent la montee au Base Camp, nous redescendons sur Sidhing. Avant de partir, papa et Chure enroulent de l'elastoplaste tout autour de mes chaussures pour faire tenir la semelle au pied. Ca tiendra, inch'allah! On se remet en  marche, a nouveau dans la brume, mais de bonne humeur. On a vu ce qu'on voulait voir, on est contents, rien ne peut gacher notre humeur. Bon, ceci dit, cette journee s'averera je crois est la plus difficile de toute. Certes monter au High Camp sous la pluie n'etait pas de tout repos, mais descendre 2000m de denivele dans la meme journee sous la pluie sur des pierres glissantes avec des semelles qui se detachent etait franchement pire :p Avoir un guide qui me dit lorsque l'elastoplaste de mes chaussures lache "pas de probleme, on arrive dans 1/2h" et marcher encore au moins une heure de plus, grrr... Mais bon, que garne?? En arrivant a Sidhing village on marche encore pas mal pour trouver une maison qui a de la place pour nous accueillir et on finit pas y arriver. Une charmante petite maison avec deux petites chambres, chez l'habitant. Notre chambre est couverte du mur au plafond de journaux en guise de decoration, et de petites lumieres de Noel, c'est trop chou. comble du comble: Environ 5 minutes apres notre arrivee, la radio passe d'abord Hookah Bar, cette chanson Bolliwood que nous avons danse quelques semaines auparavant au mariage de mes amis, puis Lunghi dance, une autre des chasons dancee par les gars a ce meme mariage. Ah Bangladesh, tu n'es jamais loin! On s'installe tous sur la terrasse a regarder la pluie tombee en sirotant... une biere!! oui!! Puis on s'installe dans la cuisine etoire autour du fourneau avec la dame, ses filles et nos deux gaillars Chure et Gombe. Cosy, local, adorable. On discute mariages arranges et differences culturelles, on decouvre que Gombe a travaille au Qatar pendant un moment, ce qui lui a permis d'voir suffisamment d'economies pour vivre a Katmandu. Chure lui a sa famille dans son village, il leur rend visite tous les quelques mois quand il a un trek dans ce coin. Parfois il part aussi en trek au Tibet ou au Bhoutan. Il connait tout de l'Himalaya. Il baragouinedans plusieurs langues et a un discours tres ouvert et interessant sur l'education et les differences culturelles. On le recommande a qui a besoin d'un guide!!

Vendredi: aujourd'hui on marche jusqu'a Lumre (quelques heures), puis on prend un taxi pour Pokhara. On repart de bonne heure, la marche est sympa, dans le village, puis entre les champs de riz et de millets, dans la foret, le long de la riviere. On croise beaucoup de locaux qui transporte d'enormes recoltes sur leurs dos depuis le bas jsqu'au haut du village, dans des especes de hottes soutenues par une laniere qui leur enserre le front. Dur labeur, pas etonnant que ceux-la deviennent porteurs pour touristes! La ballade est tranquille et le paysage a completement change, on est maintenant completement dans la vallee, et le soleil et le ciel bleu sont au rendez-vous si bien que je compense mon manque de photos des derniers jours.  Mes semelles me lachent l'une apres l'autre. La droite d'abord, qui tombe completement, de sorte que je continue a marcher sur la couche de plastique qui separe la semelle de l'interieur de la chaussure. En une heure, ca part en lambeaux. La gauche, elle, ne tombe pas, mais elle n'est pas rattachee que par le point tout a l'avant de la chaussure, et par l'elastoplaste du milieu. Resultat: toute la semelle glisse vers l'avant, le talon se retrouvant a peu pres sous le milieu de la plante de mon pied. Pas super pratique. Mais ma foi, que garne?? Plus on se rapproche de Lumre et du fond de la valle plus on traverse de rivieres. Ponds suspendus, puis rochers, puis morceaux de bois au dessus du torrent (impressionnant!!) et puis la traversee finale, pieds nus dans la riviere. Plus qu'apprecie!!

Enfin, on se pose dans un restaurant, prenons le lunch et une biere et attendons un transport pour Pokhara. Lorsque celui-ci arrive, une vieille land rover, je convaincs papa de nous asseoir sur le toit. Ca sera definitement le clou de la journee: un trajet de plus d'une heure, a travers la riviere, les montees et les descentes etroites et caillouteuses, les ponts a moitie effondres, a s'agripper comme on peut et tenter de soulager nos fesses endolories ;) he ben quoi c'est l'aventure ou ca l'est pas!!

Bref, retour a Pokhara ou nous savourons une longue douche chaude et un bon repas dans un bon restaurant, dans des vetements secs. Ce serait presque la fin de nos peripeties sauf que... ben ce serait trop facile! il se remet a pleuvoir pendant que nous sommes au restaurant, et lorsque nous voulons rentrer a notre hotel la route s'est transformee en une veritable riviere sous la pluie diluvienne! Ma foi, que garne, nous retroussons nos pantalons et nous aventurons dans l'eau jusqu'a mi mollet, sur les quelques centaines de metres qui nous separent de nos chambre douillette et seche.... Satane Nepal, la prochaine fois, eloigne la pluie!!!

Retour a Pokhara le Samedi, dans un avion de vingt places (10 rangees, un siege de chaque cote de l'allee, avec un cockpit ouvert sur l'arriere de l'avion)! Dernier shopping et ballade a Kathmandu l'aprem, dernier repas en tete a tete pere fille. La pluie n'a vraiment aucune importance, on a bien marche, on s'est depenses, on a pris un grand bol d'air frais, on a completement deconnecte du boulot et des responsabilites quotidiennes, et on a partage ca tous les deux. Et puis on a meme vu les sommets ;)

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