vendredi 17 février 2012

Nouvelles en vrac

Les semaines depuis mon retour se sont enchaînées à vitesse folle. J'ai bien sûr consacré pas mal de temps aux retrouvailles avec mes amis.

Le boulot a commencé fort, mes journées sont bien chargées, entre recherche de partenaires, réunions, recherches approfondies sur les activités que l'on veut développer, préparation de ma prochaine visite terrain dans une semaine (et pour une durée d'une semaine)... mais c'est passionnant, donc stimulant! Je finis en général la semaine sur les rotules, mais c'est de la bonne fatigue! et j'étends mon réseau de contacts, ce qui est toujours une bonne chose! hier j'avais une réunion au Westin, l'hotel de luxe de Dhaka, où j'ai déjeuné avec le président de la délégation sénégalaise aux négociations des Nations Unies sur les changements climatiques. c'est marrant, c'est en fait la troisième fois que je le rencontre, une fois au Sénégal où je l'avais interviewé pour mon mémoire, une fois en Allemagne à Bonn aux négociations, et maintenant à Dhaka... Le monde est petit! il était là pour une semaine de discussions entre négociateurs des pays les moins avancés, à laquelle a aussi participé Sandra Freitas, ma directrice de stage du Togo (grâce à qui j'avais été accréditée à Bonn)! J'ai donc profité de sa présence quasi tous les jours! Je suis invitée à leur diner de fin de discussion demain soir, une occasion de remettre mon sari!

J'ai pris deux jours de congés la semaine prochaine, le 22 et le 23. Comme le 21 est férié j'en profite pour partir quelques jours sur l'île de San Martins avec mon copain, à l'extrême sud-est du Bangladesh. A ce qu'on dit la mer est belle (et propre) et c'est un joli coin de nature, loin du bruit et du monde de Dhaka. Un bon endroit pour fêter mon quart de siècle :)

Et samedi soir, je pars pour une semaine à Khulna! Je serai donc de retour à Dhaka début mars!

bisouuuuus

Tout est prétexte à célébration !

Ce que j'aime au Bangladesh, c'est que les gens adorent célébrer. Résultat, on célèbre tout ce qu'il y a célébrer! l'anniversaire de Bouddha, la naissance et la mort du musicien Lalon, le nouvel an hindou, la naissance de Mohammed, Noël... sans discrimination! (une bonne part de ces célébrations s'accompagne de jours fériés pour tout le monde!).

La semaine dernière, nous avons donc célébré le premier jour du printemps. C'était chouette,j'étais à Dhaka university (le lieu où il se passe toujours quelque chose) avec ma nouvelle coloc Hazel (une anglaise). 1h30 à 2h bloquées dans le traffic pour parcourir la dizaine de kilomètres, mais ça valait le coup! Les
femmes portaient des saris jaunes et des couronnes de fleurs dans les
cheveux, il y avait des concerts et des danses, des vendeurs de
bracelets multicolores partout, et pas de bideshis (étrangers) donc bien sur on a fait sensation (on portait des couronnes de fleurs nous aussi), et on s'est retrouvées comme souvent au milieu d'un cercle de gens qui nous prenaient en photo.





Pour la parenthèse, en ce moment, on se croirait plutot en plein été...!
Fin de la parenthèse!

Le lendemain du premier jour du printemps, c'était la Saint Valentin. Encore une raison de célébrer! Moi qui d'habitude boycotte parce que je trouve que c'est une fête purement commerciale et que je n'aime pas qu'on me dise quoi faire et encore moins quel jour je dois passer une soirée romantique avec mon copain, je dois dire que j'ai adoré cette St Valentin. Tout le monde avait un sourire béat accroché aux lèvres toute la journée, tout le monde souhaite bonne fête à tout le monde, une de mes collègues a ramené des roses pour tout le monde le matin au bureau, bref, Dhaka devient le monde des bisounours!

La prochaine célébration, c'est le 21 février, le "international mother language day". Au Bangladesh, cette fête est célébrée depuis 1952. Pour rappel, le Pakistan a été formé en 1947, et était alors composé du Pakistan actuel (West Pakistan) et du Bangladesh (Est Pakistan). Le 21 Mars 1948, le gouverneur du Pakistan a décidé d'imposer l'urdu comme langue nationale pour l'ensemble du pays. Le Pakistan de l'est a alors commencé à protester pour garder sa langue, le bangla. Le 21 février 1952, des étudiants de Dhaka university ont organisé une grève et une marche non violente (bengali language movement protest). Leurs représentants ont été assassinés par la police pakistanaise, déclenchant un conflit qui dura plusieurs années. Le bangla finit tout de même pas être reconnu comme langue, en 1956. Ces mouvements ont été les précureurs des mouvements nationalistes mettant en avant le fait que si le Pakistan de l'est a sa propre langue, c'est qu'il a sa propre culture et devrait être un pays à part entière. La guerre d'indépendance n'aura toutefois lieu que plus tard, en 1971, à l'issue de laquelle le Pakistan de l'est deviendra BAngladesh (Pays du Bangla).

Le 21 février est donc jour de commémoration, les femmes portent leurs beaux saris, les hommes leurs costumes, et ils se rendent à Dhaka university pour se recueillir.

lundi 6 février 2012

Ami bangla shikshi !

Ca veut dire j'apprends le bangla. Depuis hier je réapprends à lire, et à écrire! J'ai en effet eu droit à ma première leçon de lecture/écriture bangla par un de mes amis (Sami).

Voilà donc à quoi ça ressemble...:

আমার নাম = Je m'appelle
কেমন আছেন ? = comment ça va?
আমি ভাল = Je vais bien
আমি আছি = J'arrive

et d'autres phrases typiques à partir des caractères appris (je ne connais pas encore tous les caractères de l'alphabet, il y en a plus qu'en français)... J'adooooore :)

C'est comme un casse-tête, il faut ajouter les bons signes pour faire les bons sons, ça ne semble pas si difficile que ça pour le moment, mais ce n'est peut-être que le début...

A suivre :)

jeudi 2 février 2012

Back!

Et voilà, je suis de retour!

Bien arrivée, j'ai repris le boulot après une journée de transition. Seulement pour deux jours, parce que nous voilà en week-end de trois jours (fête religieuse dimanche). Parfait pour revoir tout le monde! Demain c'est donc brunch à la maison, on fait des crêpes, on devrait être entre 15 et 25...

Le retour au Bangladesh a été bien moins difficile en terme de réadaptation que le retour en Europe... J'ai eu un vrai choc culturel, assez difficile à expliquer...

x) la surconsommation partout. Certes la consommation est très présente au Bangladesh mais pour les nécessités de base. En Europe ce sont des futilités qu'on voit à tous les coins de rue!

x) Les gens qui se promènent dans les rues... Encore une fois, ce n'est pas le monde qui m'a frappé (plutot l'absence de monde, je n'ai jamais trouvé Paris aussi calme et vide), mais le fait de voir des gens se "promener". Au Bangladesh les rues sont pleines à craquer de gens mais ils vont toujours d'un endroit à un autre dans un but précis, on ne se "promène" pas à Dhaka...

x) la joie de pouvoir boire l'eau du robinet mais le pincement au coeur d'utiliser de l'eau potable pour la douche et les toilettes alors qu'ici certaines personnes boivent l'eau des étangs par manque d'eau potable...

x) l'impression d'être hors sujet dans plein de situations, de revenir d'une planète complètement différente, de ne plus savoir quoi dire face à certaines situations tellement elles sont loin de mon quotidien...

x) la difficulté "d'expliquer" le Bangladesh. Les photos aident un peu, heureusement. Mais quand tout est de l'ordre du ressenti, des sensations, c'est assez difficile à décrire.

De retour à Dhaka je retrouve les visages souriants dans les rues, les têtes familières des gens qui vivent dans ma rue et des rickshaws wallah tout contents de me revoir (plaisir partagé), le trafic des rues, le marché... L'impression d'être à la bonne place, en tout cas pour un bout de temps :)