La chance et le Dieu des visas furent avec moi une fois de plus. J'ai eu mon visa Indien, et en avance meme! N'empeche que l'Inde m'attire depuis quelques temps mais si on m'avait dit que mon voyage se deciderait deux jours avant, je ne l'aurais surement pas cru...!
Je pars donc pour Dehli demain matin, penserai a vous au Taj Mahal apres-demain, et poursuivrai ma route via Jaipur (ou je vais voir Fanny, de ma promo de Paris), Pushkar, Jodhpur, puis le desert a Jaisalmer pour finalement revenir visiter Dehli en fin de parcours, tout ca avec Anne. Retour le 3 septembre!
A bientooooot :)
jeudi 25 août 2011
lundi 22 août 2011
du retard à rattraper!
Bonjour bonjour,
ça fait un petit bout de temps que je n'ai pas posté, voilà quelques nouvelles de ces derniers jours:
- j'ai passé ma semaine à écrire un "proposal", en réponse à un appel d'offre pour une recherche de 6 mois sur l'adaptation au changement climatique. Je n'avais jamais rédigé de proposal avant, donc très bon exercice, mais pas mal stressant et intense aussi puisqu'il a fallu d'abord concevoir le projet de recherche, la méthodologie, le budget etc. Heureusement ça colle avec mon projet actuel et j'avais quand même quelques personnes pour m'aider, notamment aussi à améliorer mon anglais qui n'est pas mal mais pas suffisant pour un document formel comme celui-ci. Bref je suis contente du résultat, reste à voir si ça va marcher ou non mais dans tous les cas ça aura été un bon exercice.
- j'ai tout de même fini le proposal malade et avec pas mal de sommeil à rattraper. j'ai bossé samedi toute la journée avec de la fièvre et sans rien pouvoir avaler depuis la veille au soir à cause de soucis digestifs, alors hier et aujourd'hui c'est repos. Aujourd'hui c'est férié et hier j'ai pris congés. Moi qui d'habitude déteste ne rien avoir à faire, je savoure ces deux jours que je peux passer au lit! la fièvre est à peu près tombée, le ventre va mieux, la fatigue diminue petit à petit.
- j'ai fait une demande pour mon visa indien. Il est assez difficile à obtenir depuis le Bangladesh, il est souvent refusé pour toutes sortes de raisons. J'y suis allée avec Anne, une copine suisse, et nous avons passé la première phase de vérifications (après quelques frayeurs, comme par exemple le fait qu'on ne voulait pas me laisser entrer dans le batiment parce que j'avais mon ordi portable dans mon sac...). Maintenant suspense, résultat jeudi soir alors qu'on est censées prendre l'avion vendredi matin... Si ça marche, je pars donc 10 jours au Rajasthan. Si ça ne marche pas, j'improviserai un plan B comme le Népal ou le sud du Bangladesh.
- Pourquoi ces vacances? Parce que c'est Eid, la fin du Ramadan, alors on a dix jours fériés. Yey!!
- j'ai fait quelques "iftar" ce mois-ci, ce sont les repas du soir que prennent les musulmans qui jeunent, à 18h45 environ. Individuellement j'aime assez tous les aliments, mais ensemble c'est très gras. Il y a des beignets de légumes, des galettes de légumes frites, des lentilles ou des haricots, des dates, des petites choses très sucrées cuites dans l'huile... Bref pas terrible pour la digestion mais pas mal et surtout festif :) c'est à faire!
- samedi dernier je suis allée à Sonargoan, l'ancienne capitale, à environ 40 minutes en bus. J'y suis allée en bus toute seule et c'était très chouette, je mettrai des photos dès qu'on aura acheté un vrai modem et que ma connexion sera meilleure.
Cette semaine sera donc courte, seulement 3 jours, et suspense pour l'Inde...!
A bientôt! et comme d'habitude merci pour vos petits mots et mails qui font chaud au coeur :)
ça fait un petit bout de temps que je n'ai pas posté, voilà quelques nouvelles de ces derniers jours:
- j'ai passé ma semaine à écrire un "proposal", en réponse à un appel d'offre pour une recherche de 6 mois sur l'adaptation au changement climatique. Je n'avais jamais rédigé de proposal avant, donc très bon exercice, mais pas mal stressant et intense aussi puisqu'il a fallu d'abord concevoir le projet de recherche, la méthodologie, le budget etc. Heureusement ça colle avec mon projet actuel et j'avais quand même quelques personnes pour m'aider, notamment aussi à améliorer mon anglais qui n'est pas mal mais pas suffisant pour un document formel comme celui-ci. Bref je suis contente du résultat, reste à voir si ça va marcher ou non mais dans tous les cas ça aura été un bon exercice.
- j'ai tout de même fini le proposal malade et avec pas mal de sommeil à rattraper. j'ai bossé samedi toute la journée avec de la fièvre et sans rien pouvoir avaler depuis la veille au soir à cause de soucis digestifs, alors hier et aujourd'hui c'est repos. Aujourd'hui c'est férié et hier j'ai pris congés. Moi qui d'habitude déteste ne rien avoir à faire, je savoure ces deux jours que je peux passer au lit! la fièvre est à peu près tombée, le ventre va mieux, la fatigue diminue petit à petit.
- j'ai fait une demande pour mon visa indien. Il est assez difficile à obtenir depuis le Bangladesh, il est souvent refusé pour toutes sortes de raisons. J'y suis allée avec Anne, une copine suisse, et nous avons passé la première phase de vérifications (après quelques frayeurs, comme par exemple le fait qu'on ne voulait pas me laisser entrer dans le batiment parce que j'avais mon ordi portable dans mon sac...). Maintenant suspense, résultat jeudi soir alors qu'on est censées prendre l'avion vendredi matin... Si ça marche, je pars donc 10 jours au Rajasthan. Si ça ne marche pas, j'improviserai un plan B comme le Népal ou le sud du Bangladesh.
- Pourquoi ces vacances? Parce que c'est Eid, la fin du Ramadan, alors on a dix jours fériés. Yey!!
- j'ai fait quelques "iftar" ce mois-ci, ce sont les repas du soir que prennent les musulmans qui jeunent, à 18h45 environ. Individuellement j'aime assez tous les aliments, mais ensemble c'est très gras. Il y a des beignets de légumes, des galettes de légumes frites, des lentilles ou des haricots, des dates, des petites choses très sucrées cuites dans l'huile... Bref pas terrible pour la digestion mais pas mal et surtout festif :) c'est à faire!
- samedi dernier je suis allée à Sonargoan, l'ancienne capitale, à environ 40 minutes en bus. J'y suis allée en bus toute seule et c'était très chouette, je mettrai des photos dès qu'on aura acheté un vrai modem et que ma connexion sera meilleure.
Cette semaine sera donc courte, seulement 3 jours, et suspense pour l'Inde...!
A bientôt! et comme d'habitude merci pour vos petits mots et mails qui font chaud au coeur :)
samedi 13 août 2011
Quick news!
Bonjour bonjour,
juste un petit mt rapide pour dire que j'aurais des tas de choses à poster, d'ailleurs ça va venir, mais ma fin de semaine à Dhaka est passée à toute vitesse, de même que le week-end! J'ai beaucoup de boulot, de nouveaux challenges, pas mal prenants et un peu stressants, j'ai du sommeil en retard, et j'essaie aussi de passer du temps avec mes deux colocs (qui sont très sympas), d'où mon silence ces derniers jours. Mais tout va bien! D'ailleurs je remercie les gens qui m'ont envoyé des commentaires, mails et réactions à certains articles :)
aujourd'hui je suis allée visiter Sonargoan, l'ancienne capitale, à une vingtaine de km de Dhaka. C'est devenu un village avec de beaux batiments laissés à l'abandon et envahis par la nature... Très joli, très paisible et en même temps cette étrange sensation d'une ville morte... Une belle coupure loin de l'agitation de Dhaka, et comme d'habitude quand je me balade seule, je fais de belles rencontres et les gens sont adorables... (mais pas d'inquiétude, je ne suis montée sur la moto de personne :p)
Je n'ai pas encore trouvé de solution à mon problème de connexion donc pas de photo pour le moment... sorry...
A bientôt, n'hésitez pas à m'envoyer de vos nouvelles!
Et une grosse pensée pour la famille qui festoie demain ;)
Bisouuus
juste un petit mt rapide pour dire que j'aurais des tas de choses à poster, d'ailleurs ça va venir, mais ma fin de semaine à Dhaka est passée à toute vitesse, de même que le week-end! J'ai beaucoup de boulot, de nouveaux challenges, pas mal prenants et un peu stressants, j'ai du sommeil en retard, et j'essaie aussi de passer du temps avec mes deux colocs (qui sont très sympas), d'où mon silence ces derniers jours. Mais tout va bien! D'ailleurs je remercie les gens qui m'ont envoyé des commentaires, mails et réactions à certains articles :)
aujourd'hui je suis allée visiter Sonargoan, l'ancienne capitale, à une vingtaine de km de Dhaka. C'est devenu un village avec de beaux batiments laissés à l'abandon et envahis par la nature... Très joli, très paisible et en même temps cette étrange sensation d'une ville morte... Une belle coupure loin de l'agitation de Dhaka, et comme d'habitude quand je me balade seule, je fais de belles rencontres et les gens sont adorables... (mais pas d'inquiétude, je ne suis montée sur la moto de personne :p)
Je n'ai pas encore trouvé de solution à mon problème de connexion donc pas de photo pour le moment... sorry...
A bientôt, n'hésitez pas à m'envoyer de vos nouvelles!
Et une grosse pensée pour la famille qui festoie demain ;)
Bisouuus
mardi 9 août 2011
Pour quelques jours de pluie...
Cinq semaines que je suis ici, mais je crois qu’aujourd’hui j’ai découvert le Bangladesh sous un autre angle. Sous l’angle le plus connu en fait, celui dont tout le monde parle mais que je n’avais que partiellement vu. Le Bangladesh sous l’eau.
Ca fait maintenant 9 jours que je parcours différents districts du sud-ouest du Bangladesh, les districts en bordure des Sundarbans. Je visite des villages, je pose des questions, j’écoute, je prends des notes pour pouvoir sélectionner les deux villages dans lesquels nous développerons le projet. Le mode de vie, les activités génératrices de revenus, le rôle des femmes, les problèmes rencontrés, la vulnérabilité aux désastres naturels, la salinité, les alternatives développées etc. . J’ai un traducteur mais mes notions de bangla me permettent déjà de saisir le sens des conversations et de comprendre certaines réponses. Je commence à avoir une bonne représentation géographique de la situation : les zones les plus affectées par la salinité, les zones les plus vulnérables aux cyclones, aux inondations, ou parfois le tout à la fois. Dans certaines zones, les étangs s’étendent à perte de vue, et l’air est si humide et salé qu’on se croirait au bord de mer. La végétation est rare parce que la salinité est trop élevée. D’autres zones sont très boisées, on y trouve des palmiers, de la jute, des manguiers, du moringa, des noix de bétel et j’en passe (mais j’y reviendrai).
Je pensais donc avoir une bonne idée de la situation. Mais moi qui avais été surprise par la quantité d’eau lors de mon premier passage à Khulna, je n’avais encore rien vu. Il pleut depuis cinq jours, mais depuis 3 jours la pluie n’a pas cessé. Aujourd’hui en nous rendant à la frontière de l’Inde, à une centaine de km (soit 3h de 4x4), nous avons emprunté des routes qui avaient pris des allures de rivières. Les maisons sont généralement surélevées, mais les gens en sortant de chez eux avaient de l’eau jusqu’à mi-cuisse. Les maisons non surélevées sont complètement inondées. L’eau est partout, on ne distingue plus les étangs des champs, les champs des villages et les villages des routes. Tout n’est qu’une immense étendue d’eau. Certaines personnes sont déjà allées s’abriter dans les écoles.
Ce n’est que le début. Trois problèmes se présentent désormais :
> tout d’abord, cette eau va mettre des jours, voire des semaines à s’évacuer dans certains endroits. En effet, le sol étant argileux, l’eau ne peut pas s’infiltrer. Et comme la zone est remplie de polders, à savoir des digues supposées protéger les terres de l’eau salée de la mer, l’eau de pluie n’a aucun moyen de s’évacuer et stagne pendant de longues durées. Je ne parle même pas du développement possible de maladies liées à l’eau ou de la contamination par les latrines si celles-ci sont inondées.
> Ensuite, nous sommes pile au moment de la transplantation du riz. Les champs qui ont déjà été transplantés et qui sont désormais submergés n’ont plus aucune chance de pousser, et c’est toute une récolte (la seule de l’année dans certaines zones) qui est perdue.
> Enfin, j’étais surprise de constater au bord de la route la présence de tant de pêcheurs. A vrai dire, ils allaient même jusqu’à pêcher sur la route, c’est vous dire l’étendue des dégâts. Tous les deux mètres, un nouveau pêcheur qui lance son filet d’un mouvement habile. Comme un film bloqué sur la même scène. Il ne pleut pas des poissons, alors d’où viennent-ils ? Et bien tout simplement des étangs privés de centaines de personnes, qui ont tous débordés avec la pluie pour ne former plus qu’une seule immense étendue d’eau. Comme le dit si bien mon collègue, « some are catching fish and some are crying ».
Ainsi, les familles qui vivent principalement du riz et de la pêche ont tout perdu. Pour quelques jours de pluie. Et pourtant, les gens ne désespèrent pas. Lorsque je leur pose des questions, ils font part de leurs problèmes, de façon calme et posée. C’est comme ça, une telle situation a lieu pratiquement une fois par an… Alors ils trouvent des alternatives, partent à la ville travailler dans les fabriques de vêtements ou les usines de briques ou encore comme rickshaw, jusqu’à la prochaine saison de riz… Et tout à coup on porte un regard nouveau sur les 400 000 rickshaws de Dhaka…
NB : photos à venir dès que le rush sera passé et que la connexion sera meilleure !!
Ca fait maintenant 9 jours que je parcours différents districts du sud-ouest du Bangladesh, les districts en bordure des Sundarbans. Je visite des villages, je pose des questions, j’écoute, je prends des notes pour pouvoir sélectionner les deux villages dans lesquels nous développerons le projet. Le mode de vie, les activités génératrices de revenus, le rôle des femmes, les problèmes rencontrés, la vulnérabilité aux désastres naturels, la salinité, les alternatives développées etc. . J’ai un traducteur mais mes notions de bangla me permettent déjà de saisir le sens des conversations et de comprendre certaines réponses. Je commence à avoir une bonne représentation géographique de la situation : les zones les plus affectées par la salinité, les zones les plus vulnérables aux cyclones, aux inondations, ou parfois le tout à la fois. Dans certaines zones, les étangs s’étendent à perte de vue, et l’air est si humide et salé qu’on se croirait au bord de mer. La végétation est rare parce que la salinité est trop élevée. D’autres zones sont très boisées, on y trouve des palmiers, de la jute, des manguiers, du moringa, des noix de bétel et j’en passe (mais j’y reviendrai).
Je pensais donc avoir une bonne idée de la situation. Mais moi qui avais été surprise par la quantité d’eau lors de mon premier passage à Khulna, je n’avais encore rien vu. Il pleut depuis cinq jours, mais depuis 3 jours la pluie n’a pas cessé. Aujourd’hui en nous rendant à la frontière de l’Inde, à une centaine de km (soit 3h de 4x4), nous avons emprunté des routes qui avaient pris des allures de rivières. Les maisons sont généralement surélevées, mais les gens en sortant de chez eux avaient de l’eau jusqu’à mi-cuisse. Les maisons non surélevées sont complètement inondées. L’eau est partout, on ne distingue plus les étangs des champs, les champs des villages et les villages des routes. Tout n’est qu’une immense étendue d’eau. Certaines personnes sont déjà allées s’abriter dans les écoles.
Ce n’est que le début. Trois problèmes se présentent désormais :
> tout d’abord, cette eau va mettre des jours, voire des semaines à s’évacuer dans certains endroits. En effet, le sol étant argileux, l’eau ne peut pas s’infiltrer. Et comme la zone est remplie de polders, à savoir des digues supposées protéger les terres de l’eau salée de la mer, l’eau de pluie n’a aucun moyen de s’évacuer et stagne pendant de longues durées. Je ne parle même pas du développement possible de maladies liées à l’eau ou de la contamination par les latrines si celles-ci sont inondées.
> Ensuite, nous sommes pile au moment de la transplantation du riz. Les champs qui ont déjà été transplantés et qui sont désormais submergés n’ont plus aucune chance de pousser, et c’est toute une récolte (la seule de l’année dans certaines zones) qui est perdue.
> Enfin, j’étais surprise de constater au bord de la route la présence de tant de pêcheurs. A vrai dire, ils allaient même jusqu’à pêcher sur la route, c’est vous dire l’étendue des dégâts. Tous les deux mètres, un nouveau pêcheur qui lance son filet d’un mouvement habile. Comme un film bloqué sur la même scène. Il ne pleut pas des poissons, alors d’où viennent-ils ? Et bien tout simplement des étangs privés de centaines de personnes, qui ont tous débordés avec la pluie pour ne former plus qu’une seule immense étendue d’eau. Comme le dit si bien mon collègue, « some are catching fish and some are crying ».
Ainsi, les familles qui vivent principalement du riz et de la pêche ont tout perdu. Pour quelques jours de pluie. Et pourtant, les gens ne désespèrent pas. Lorsque je leur pose des questions, ils font part de leurs problèmes, de façon calme et posée. C’est comme ça, une telle situation a lieu pratiquement une fois par an… Alors ils trouvent des alternatives, partent à la ville travailler dans les fabriques de vêtements ou les usines de briques ou encore comme rickshaw, jusqu’à la prochaine saison de riz… Et tout à coup on porte un regard nouveau sur les 400 000 rickshaws de Dhaka…
NB : photos à venir dès que le rush sera passé et que la connexion sera meilleure !!
dimanche 7 août 2011
Leçon du jour: le sport, c'est mal.
Un des problèmes au Bangladesh, c'est de faire du sport. Surtout pour les filles. Les gars peuvent assez facilement faire du foot, du cricket ou du jogging. Pour les filles c'est autre chose, être une fille blanche est déjà un motif suffisant pour être dévisagée dans la rue et créer des attroupements parfois impressionnants, alors mieux vaut ne pas tenter le sport en public.
Ca ne devrait pas trop me déranger, me direz-vous, je ne suis pas une grande sportive. Oui mais bon il y a des limites quand même, il fait chaud, on mange principalement des féculents et des aliments gras, et finalement on ne bouge qu'assez peu: à Dhaka je suis assise au bureau, à khulna je suis assise dans la voiture (ok je sors aussi, mais les distances à parcourir sur les pistes à moitié inondées prennent pas mal de temps). Je sens que j'ai vraiment besoin de faire du sport.
Bref. Ce matin, toute contente, je découvre qu'il y a un gym à l'hotel et décide de m'y rendre. Bonne surprise, ils ont un tapis pour courir! Je n'ai pas de baskets, mais, pleine de motivation, je commence à courir pieds nus... GRAVE ERREUR... après à peine 10 minutes de courses, mes pieds me font souffrir. Je jette un coup d'oeil: une grosse ampoule éclatée sous l'orteil au pied droit, et trois autres non éclatées mais bien gonflées sous les autres orteils et sous la plante de pieds...
Pas grave me direz-vous, quelques ampoules ça n'a jamais tué personne. Certes. Ca devient juste un poil gênant quand on vit en tongs au Bangladesh en période de mousson et que la double peau n'est qu'un vague souvenir de France qu'on ne trouve pas en pharmacie... Mais pas d'inquiétude, il me reste toujours l'hexomedine et les sparadraps, et puis mon amour-propre en prendrait quand même un sacré coup si je me chopais une cochonnerie juste parce que je suis allée courir 10 minutes sur un tapis...
Ca ne devrait pas trop me déranger, me direz-vous, je ne suis pas une grande sportive. Oui mais bon il y a des limites quand même, il fait chaud, on mange principalement des féculents et des aliments gras, et finalement on ne bouge qu'assez peu: à Dhaka je suis assise au bureau, à khulna je suis assise dans la voiture (ok je sors aussi, mais les distances à parcourir sur les pistes à moitié inondées prennent pas mal de temps). Je sens que j'ai vraiment besoin de faire du sport.
Bref. Ce matin, toute contente, je découvre qu'il y a un gym à l'hotel et décide de m'y rendre. Bonne surprise, ils ont un tapis pour courir! Je n'ai pas de baskets, mais, pleine de motivation, je commence à courir pieds nus... GRAVE ERREUR... après à peine 10 minutes de courses, mes pieds me font souffrir. Je jette un coup d'oeil: une grosse ampoule éclatée sous l'orteil au pied droit, et trois autres non éclatées mais bien gonflées sous les autres orteils et sous la plante de pieds...
Pas grave me direz-vous, quelques ampoules ça n'a jamais tué personne. Certes. Ca devient juste un poil gênant quand on vit en tongs au Bangladesh en période de mousson et que la double peau n'est qu'un vague souvenir de France qu'on ne trouve pas en pharmacie... Mais pas d'inquiétude, il me reste toujours l'hexomedine et les sparadraps, et puis mon amour-propre en prendrait quand même un sacré coup si je me chopais une cochonnerie juste parce que je suis allée courir 10 minutes sur un tapis...
jeudi 4 août 2011
Ramadan
Première expérience de vie dans un pays musulman, première fois que je suis entourée d'autant de personnes qui font Ramadan. J'ai donc fait plusieurs expériences et découvertes intéressantes:
- les gens qui jeûnent ont toujours faim. Et les gens qui ont faim sont toujours de mauvaise humeur. Et c'est pas moi qui l'ait dit! "Hungry people are always angry" a dit un de mes collègues (qui fait le Ramadan).
- Du coup, pour éviter qu'ils ne soient encore plus "angry", on évite de manger et de boire en leur présence. Pas toujours facile quand on est en visite sur le terrain, en groupe. A passer ses journées avec des gens qui jeûnent, on finit donc par presque jeûner aussi!
- Passez donc trois heures à l'arrière d'un minibus sur des pistes chaotiques au possible, vos collègues affamés (donc angry) n'auront qu'une hâte, que le minibus lancé à pleine vitesse (autant que faire se peut) arrive le plus vite possible à destination, peu importe si les passagers arrière expérimentent une vraie séance de rodéo (3h, je vous assure que ça demande une certaine endurance!). Mais à 18h47 précise, voilà que vos collègues décident unanimement de s'arrêter (à votre grand soulagement). Sachez alors que le jeûne prend fin (18h46), ils vont alors acheter de l'eau, et l'ambiance se détend. Impressionnant!
- Arrivés à l'hôtel, c'est alors le moment de Iftar, le repas du soir. Première expérience très sympathique, il y a de tout, mais principalement des beignets gorgés d'huile et des fruits. Beaucoup déplorent le fait que Iftar soit un repas aussi gras, cela enlève un peu de l'intérêt du jeûne, censé être excellent pour purifier l'organisme.
Même expérience ce soir depuis l'hôtel, pas en présence de mes collègues cette fois. La pluie tombait en trombe, et une clameur s'est brusquement élevée depuis la rue. Inquiète, j'ai d'abord pensé à un accident, mais je ne voyais rien. Et puis j'ai regardé l'heure: 18h45!
Pour faciliter le jeûne et éviter aux gens de trop s'épuiser, les horaires de bureau sont raccourcies pendant le ramadan, et la plupart ferment à 15h30 l'après-midi. Ce qui ma foi n'est pas pour me déplaire!
- les gens qui jeûnent ont toujours faim. Et les gens qui ont faim sont toujours de mauvaise humeur. Et c'est pas moi qui l'ait dit! "Hungry people are always angry" a dit un de mes collègues (qui fait le Ramadan).
- Du coup, pour éviter qu'ils ne soient encore plus "angry", on évite de manger et de boire en leur présence. Pas toujours facile quand on est en visite sur le terrain, en groupe. A passer ses journées avec des gens qui jeûnent, on finit donc par presque jeûner aussi!
- Passez donc trois heures à l'arrière d'un minibus sur des pistes chaotiques au possible, vos collègues affamés (donc angry) n'auront qu'une hâte, que le minibus lancé à pleine vitesse (autant que faire se peut) arrive le plus vite possible à destination, peu importe si les passagers arrière expérimentent une vraie séance de rodéo (3h, je vous assure que ça demande une certaine endurance!). Mais à 18h47 précise, voilà que vos collègues décident unanimement de s'arrêter (à votre grand soulagement). Sachez alors que le jeûne prend fin (18h46), ils vont alors acheter de l'eau, et l'ambiance se détend. Impressionnant!
- Arrivés à l'hôtel, c'est alors le moment de Iftar, le repas du soir. Première expérience très sympathique, il y a de tout, mais principalement des beignets gorgés d'huile et des fruits. Beaucoup déplorent le fait que Iftar soit un repas aussi gras, cela enlève un peu de l'intérêt du jeûne, censé être excellent pour purifier l'organisme.
Même expérience ce soir depuis l'hôtel, pas en présence de mes collègues cette fois. La pluie tombait en trombe, et une clameur s'est brusquement élevée depuis la rue. Inquiète, j'ai d'abord pensé à un accident, mais je ne voyais rien. Et puis j'ai regardé l'heure: 18h45!
Pour faciliter le jeûne et éviter aux gens de trop s'épuiser, les horaires de bureau sont raccourcies pendant le ramadan, et la plupart ferment à 15h30 l'après-midi. Ce qui ma foi n'est pas pour me déplaire!
mercredi 3 août 2011
Boule à facettes
Khulna, là où le ciel se réfléchit dans les étangs comme une multitude de miroirs.
Si la Terre entière était à l'image de Khulna, le reste de la galaxie pourrait s'en servir comme boule à facettes tous les soirs!
Si la Terre entière était à l'image de Khulna, le reste de la galaxie pourrait s'en servir comme boule à facettes tous les soirs!
Khulna et les crevettes
Comme je vous le disais, je suis donc de nouveau à Khulna, à priori jusqu'à mercredi prochain. Je suis chargée de la sélection de sites pour le projet sur lequel je bosse. J'ai donc une série d'infos à compiler et des villages à visiter pour finalement choisir deux villages dans lesquels nous développerons nos activités.
Hier et aujourd'hui nous avons visité déjà pas mal de sites avec des collègues qui travaillent sur différents projets. Nous sommes allés dans différents districts, de Bagerhat au sud-est de Khulna à Satkhira à l'ouest (on était à 15 km de Calcutta et l'Inde était juste d l'autre côté de la rivière!)
Beaucoup de projets tournent autour des crevettes, grosse problématique de la région. Les crevettes sont une culture rentable mais risquée, car les crevettes sont victimes de virus qui les déciment rapidement. Il existe deux types de crevettes, d'ailleurs il y a deux mots différents en anglais: les "prawns" qui vivent dans l'eau douce, et les "shrimps" qui sont des crevettes d'eau salée. Les plus rentables sont les "shrimps" pour tout un tas de raisons que je ne détaillerai pas ici pour ne pas rentrer trop dans les détails techniques.
> Résultat: un certain nombre de villageois inondent volontairement des étangs d'eau douce avec de l'eau salée pour pouvoir y cultiver des crevettes.
> Problème: la culture de riz et de légumes (moins rentables mais indispensables pour l'alimentation) devient difficile, et l'eau salée s'infiltre partout (y compris dans l'eau potable), les arbres meurent et le sel attaque même les murs des maisons.
Pourquoi font-ils ça, si ça a tellement de répercussions négatives, me demanderez-vous? Parfois il s'agit juste de relations de pouvoirs, les plus riches ou ceux qui ont le plus d'influence continuent de cultiver la crevette pour s'enrichir sans se préoccuper des autres. Mais parfois aussi l'eau douce n'est simplement pas disponible. Les paysans ont alors le choix entre pas d'eau du tout - donc pas de culture et pas de profit - ou alors faire venir de l'eau salée, par exemple en puisant dans la rivière voisine. Cela a certes des conséquences négatives, mais au moins cela leur procure un revenu. C'est un cercle vicieux.
Beaucoup de polders ont été construits il y a quelques années par le gouvernement dans cette zone. Il s'agit de digues circulaires entourant les champs et étangs et censés les protéger de la salinité. Mais d'une part les polders ne sont pas toujours très efficaces, et d'autre part il arrive que les paysans y installent des pompes pour amener de l'eau salée dans leur étang et cultiver la crevette. Cela fragilise les polders, qui risquent de se briser en cas de cyclone.
NB: la salinité varie beaucoup selon la saison, elle est faible en saison des pluies et plus élevée en saison sèche. Elle varie aussi beaucoup selon les zones, la proximité de la mer ou des rivières (l'eau salée s'infiltre dans les rivières), la présence ou non de polders...
Hier et aujourd'hui nous avons visité déjà pas mal de sites avec des collègues qui travaillent sur différents projets. Nous sommes allés dans différents districts, de Bagerhat au sud-est de Khulna à Satkhira à l'ouest (on était à 15 km de Calcutta et l'Inde était juste d l'autre côté de la rivière!)
Beaucoup de projets tournent autour des crevettes, grosse problématique de la région. Les crevettes sont une culture rentable mais risquée, car les crevettes sont victimes de virus qui les déciment rapidement. Il existe deux types de crevettes, d'ailleurs il y a deux mots différents en anglais: les "prawns" qui vivent dans l'eau douce, et les "shrimps" qui sont des crevettes d'eau salée. Les plus rentables sont les "shrimps" pour tout un tas de raisons que je ne détaillerai pas ici pour ne pas rentrer trop dans les détails techniques.
> Résultat: un certain nombre de villageois inondent volontairement des étangs d'eau douce avec de l'eau salée pour pouvoir y cultiver des crevettes.
> Problème: la culture de riz et de légumes (moins rentables mais indispensables pour l'alimentation) devient difficile, et l'eau salée s'infiltre partout (y compris dans l'eau potable), les arbres meurent et le sel attaque même les murs des maisons.
Pourquoi font-ils ça, si ça a tellement de répercussions négatives, me demanderez-vous? Parfois il s'agit juste de relations de pouvoirs, les plus riches ou ceux qui ont le plus d'influence continuent de cultiver la crevette pour s'enrichir sans se préoccuper des autres. Mais parfois aussi l'eau douce n'est simplement pas disponible. Les paysans ont alors le choix entre pas d'eau du tout - donc pas de culture et pas de profit - ou alors faire venir de l'eau salée, par exemple en puisant dans la rivière voisine. Cela a certes des conséquences négatives, mais au moins cela leur procure un revenu. C'est un cercle vicieux.
Beaucoup de polders ont été construits il y a quelques années par le gouvernement dans cette zone. Il s'agit de digues circulaires entourant les champs et étangs et censés les protéger de la salinité. Mais d'une part les polders ne sont pas toujours très efficaces, et d'autre part il arrive que les paysans y installent des pompes pour amener de l'eau salée dans leur étang et cultiver la crevette. Cela fragilise les polders, qui risquent de se briser en cas de cyclone.
NB: la salinité varie beaucoup selon la saison, elle est faible en saison des pluies et plus élevée en saison sèche. Elle varie aussi beaucoup selon les zones, la proximité de la mer ou des rivières (l'eau salée s'infiltre dans les rivières), la présence ou non de polders...
Mes amies les bêtes...
Petite anecdote...
Après les cancrelats dans la salle de bain et le scorpion sur l'oreiller, je me suis cette fois fait réveiller en pleine nuit par une chauve-souris... dans ma chambre d'hotel!! La pauvre virevoltait dans tous les sens sans trouver la sortie...
Après les cancrelats dans la salle de bain et le scorpion sur l'oreiller, je me suis cette fois fait réveiller en pleine nuit par une chauve-souris... dans ma chambre d'hotel!! La pauvre virevoltait dans tous les sens sans trouver la sortie...
mardi 2 août 2011
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