mercredi 6 mars 2013

Au Bangladesh, survivre avec le changement climatique (reportage du Monde)

Reportage. Au Bangladesh, survivre avec le changement climatique, Le Monde, 11/02/13, 14h17
Julien Bouissou - Région de Satkhira (Bangladesh), envoyé spécial


http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/02/11/au-bangladesh-survivre-avec-le-changement-climatique_1829933_3216.html

A LIRE!!!


Citations choisies: 
"Le Bangladesh est l'un des pays les plus vulnérables au changement climatique. Les deux tiers de ses terres culminent à moins de 5 m au-dessus du niveau de la mer. L'élévation des eaux est déjà très perceptible dans les îles au large du golfe du Bengale, comme Sagar ou Kutubdia. Le pays dénombre 60 % des victimes de cyclones dans le monde ces vingt dernières années. Selon la Banque mondiale, jusqu'à 8 millions de Bangladais pourraient devoir fuir leurs terres d'ici à 2050. Pour les habitants, le choix est simple : fuir le Sud du pays ou se barricader derrière des digues toujours plus hautes"

"Autour d'eux, l'eau salée a déjà commencé à ronger les terres. Les cultivateurs doivent vendre leurs rizières à des entrepreneurs, qui les transforment en élevages de crevettes destinées à l'exportation.
"Ces élevages rapportent de l'argent, mais ils sont une malédiction pour les pauvres. Ils demandent beaucoup moins de main-d'œuvre que des rizières", explique un homme aux mains abîmées par le travail de la terre."


"C'est une population minée par la malnutrition et la pauvreté qui affronte ici les premières conséquences du changement climatique. Le Programme alimentaire mondial (PAM), en partenariat avec le gouvernement, a mis en place le programme "Enhanced Resilience", qui forme les habitants, en majorité des femmes, à mieux faire face aux crues dévastatrices et aux cyclones, et leur offre du travail pour renforcer des digues. Pendant deux ans, elles reçoivent un revenu mensuel ainsi que des rations alimentaires. "Le programme s'adresse avant tout aux femmes, car, contrairement à leur mari, elles ne peuvent pas migrer", explique Christa Räder, la représentante du PAM au Bangladesh. La troisième année, elles reçoivent une aide pour acheter une chèvre, des poules, ou démarrer un petit commerce pour ne plus dépendre de l'agriculture. Selon les projections des Nations unies, le Bangladesh pourrait perdre 40 % de ses terres agricoles d'ici à 2050."


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Trois questions à... Hasan Mahmud, ministre de l'environnement et des forêts
Propos recueillis par Julien Buissou
Avec ses 152 millions d'habitants, le Bangladesh est parmi les pays les plus pauvres du monde. Hasan Mahmud déplore le manque d'engagement des grands pays pollueurs pour aider des pays comme le sien à faire face aux conséquences du changement climatique.


Le Bangladesh est-il déjà affecté par le changement climatique ?
Toute la population du Bangladesh est affectée directement ou indirectement. Il y a déjà des centaines de milliers de réfugiés climatiques dans le pays. Le niveau de la mer dans le golfe du Bengale a déjà augmenté et, si les prévisions des scientifiques se réalisent, 30 millions de Bangladais devront fuir leurs terres d'ici à la fin du siècle.


Que fait votre gouvernement ?
Le Bangladesh est le premier pays en voie de développement à s'être attaqué au problème. Nous avons mis en place un plan d'action en 2009, doté de 189 millions de dollars [141 millions d'euros] pour tous nos programmes, comme par exemple des systèmes d'alerte aux cyclones, qui ont permis de sauver des vies lors du passage du cyclone Aila, en 2009.
Mais avec la hausse du niveau de la mer, et l'arrivée de cyclones chaque année, nous devons construire des habitations et des digues plus résistantes encore. L'ampleur du problème est telle que tout ce que nous faisons est malheureusement insuffisant. Ceux-là même qui sont responsables du changement climatique doivent nous aider. Nous sommes des victimes innocentes.


Que demandez-vous aux pays les plus émetteurs de CO2 ?
D'abord, de réduire leurs émissions. Ensuite, nous leur demandons une assistance financière qui ne représente actuellement rien, comparé à ce dont nous avons besoin. Des promesses ont été faites et elles doivent être respectées. Le Bangladesh n'a pas reçu plus de 250 millions de dollars au cours des quatre dernières années, alors que nous avons besoin de 10 milliards de dollars.
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http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/02/11/au-bangladesh-survivre-avec-le-changement-climatique_1829933_3216.html>

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