jeudi 30 mai 2013

Pure folie

Le Bangladesh considere la construction d'une centrale nucleaire!!
http://www.thedailystar.net/beta2/news/go-ahead-with-nuke/

Certes, la premier ministre a assure qu'aucun compromis ne serait fait en matiere de securite... mais quand on connait le respect des normes de securite des batiments ici, en plus du tres haut risque de tremblement de terre, et du manque total d'expertise en matiere de nucleaire, il y a de quoi avoir vraiment peur....

mercredi 29 mai 2013

Apres l'effort....

Le reconfort!! (pas encore, mais ca va venir!)

Comme vous le savez, les derniers mois n'ont pas ete de tout repos. La vie au Bangladesh en general n'est deja pas de tout repos (mais soyons honnete, c'est ca qu'on aime), alors forcement quand se rajoutent les hartals, un effondrement d'immeuble qui tue des milliers de personnes, et un cyclone, ca commence a s'accumuler... Bien sur, ca a eu pour effet que la communaute internationale et les medias se rappellent tout a coup de l'existence du Bangladesh, et tout a coup ils ont tous un avis sur la question, sans forcement rien connaitre du tout au contexte actuel (ils etaient ou quand il y avait un million de personnes dans la rue pour protester?).

Bref. Tout ceci est donc venu s'ajouter aux elements 'normaux' de la vie ici, du genre:


- Commencer sa journee avec un seul truc sur sa to-do list, parce qu'on a ete super efficace les jours d'avant. Ouvrir sa boite mail, commencer a lire et traiter les demandes depuis la veille (toutes urgentes et toutes differentes). Finir sa journee sans avoir pu meme commencer le seul truc que tu avais sur ta liste le matin.

- Faire le bilan du travail a faire sur le terrain, puis le bilan du staff disponible: un qui a la typhoide, une qui a une forte fievre, un qui est en conges pour rattraper les week-ends travailles, un qui ne comprend pas grand chose... il en reste deux, mais... c'est hartal!

- Avoir rendez-vous avec un designer a 11h (dans mon bureau). N'avoir pas de nouvelles du gars de toute la journee, et ne pas etre capable de l'appeler parce que son portable est coupe. Se faire entendre dire a la fin de la journee par le collegue qui nous a mis en contact "ah oui, il a un truc qui lui pousse dans la tete, alors certains jours il est deconnecte, mais ne t'inquiete pas, demain ca ira!"

- Se bloquer le dos, partir sur le terrain, se farcir les heures de voiture sur routes tape-cul, revenir, avoir le dos encore plus bloque, lancer un appel au secours a la communaute expat pour trouver un medecin (NON bangladeshi!! desolee mais j'ai deja donne) digne de confiance pour me debloquer... Aller faire des radios du dos, recuperer les resultats qui montrent ma jolie courbe scoliotique accompagnee d'un "rapport medical": tout est normal, rien a signaler. Ah bon.  Finir dans le cabinet d'un medecin nord coreen plus facile a comprendre quand il me parle bangla que anglais, a me faire craquer les os et planter des aiguilles dans la peau. Mais... ca marche!! Son prochain combat (il est rigolo), c'est ma scoliose, ou comment me faire gagner deux centimetees en remettant ma colonne droite. Ma foi, bonne chance.

- Se taper toute la procedure pour obtenir le visa indien, l'obtenir, et devoir annuler son voyage (au mariage indien d'un pote indien rencontre au Bangladesh) a cause de mon mal de dos. Gmpff.

- ET, enfin, cerise sur le gateau, faire un skype call avec son boss depuis son balcon en Thailande (lui, pas moi) en train de siroter des cocktails (lui, pas moi) en admirant le coucher du soleil (toujours lui, pas moi).

Bref. Tout ca pour dire que... j'ai besoin de vacances... c'est la que ca devient interessant... Un petit coup d'oeil a la carte, et la, gros dilemme... Ou donc partir en vacances pendant disons 5 jours a la fin du mois de juin? 5 jours c'est tres court certes, alors il faut choisir un endroit et un seul, mais il n'empeche que le choix est vaste, et tellement allechant, et que si ce n'est pas cette fois ce sera la prochaine... Je trouve que ca en devient presque honteux, un vrai probleme existentiel quoi...
- Nepal, parc national et temples?
- Sud Thailande, plages paradisiaques, cure de vitamone D et plongee?
- Nord Thailande, trekking et minorites ethniques?
- Malaisie: autres iles, autre plongee?
- Cambodge: balades dans la campagne khmere? deja fait, mais il y a maintenant quelques annees...
- Bhutan: le pays du bonheur national brut? trop cher, avis aux genereux sponsors ;)
- Borneo? Birmanie? trop court pour cette fois, mais a garder sur la liste pour plus tard....

et hop! changement de point de vue: pourquoi, mais pourquoi rentrerais-je en Europe ou il fait encore froid fin mai, quand je passe 11 mois de l'annee en tongs et en sarrouel et que je suis si pres de toutes ces destinations paradisiaques ?

hmmm *soupir*

Je n'ai jamais ete bonne pour faire des choix ;)

lundi 20 mai 2013

Mahasen: le bilan

Salut a tous,

Apres de grosses frayeurs, le cyclone Mahasen s'est finalement beaucoup affaibli dans la baie du Bengale avant de toucher les cotes Bangladaises. Toutefois, meme s'il n'a fait "que" 17 morts au Bangladesh, il a tout de meme laisse des traces. Au total, d'apres le bilan du "Disaster Management Information Center":
- pres de 15000 familles sont considerees comme "foyers totalement affectes" (j'imagine que leur maison a ete detruite)
-  plus de 44000 familles sont considerees comme "foyers partiellement affectes"

Et cela ne concerne que les degats directs. Tout le sud est encore sous l'eau (4 a 5 pieds par endroit) a cause des pluies diluviennes, ce qui pourrait avoir d'importantes consequences sur les cultures si l'eau ne s'evacue pas rapidement, et bien sur sur la sante. Dans mes villages, meme si je n'ai pas encore le detail des degats, il semble que la situation soit plutot bonne. Plus de peur que de mal, les gens avaient peur que les digues ne cedent mais rien de tel ne s'est produit. Pas contre, tout est sous l'eau. Je ne sais pas quelle est la situation sanitaire, sachant que dans ces cas-la souvent les latrines debordent et contaminent l'eau environnante (utilisee pour boire, se laver etc)... 

Il faut tout de meme saluer le tres bon systeme d'alerte et de preparation du pays, sans quoi le nombre de morts aurait ete bien plus eleve. Toujours selon le "Disaster Management Information Center", quelques chiffres:
- au moins 500 000 personnes dans les abris anti cyclones
- pres de 50 000  volontaires qui ont dissemine les infos pre-cyclone et encourage les gens a aller dans les abris
- 22 avions de l'armee etaient prets a decoller pour des operations de secours post cyclone si necessaire (ils n'ont pas ete sollicites)
- 20 avions de la Bangladesh Air Force prets a transporter du materiel humanitaire sur pace apres le cyclone
- 1327 equipes medicales pretes a intervenir sur 13 districts

mercredi 15 mai 2013

Mahasen

Le cyclone Mahasen va frapper les cotes bangladeshies dans quelques heures... Suivez les news...

lundi 13 mai 2013

T I B : This Is Bangladesh

C'est un peu long, mais je me devais de vous raconter ca.....


Une des competences que j’avais avant de venir au Bangladesh, c’est savoir planifier. Ca sert de savoir planifier, je pense que j’ai surtout appris ca avec les trois Solid festifs. Mais s’il y a bien une chose que j’aurai apprise au Bangladesh, c’est apprendre a deplanifier et replanifier tout le temps, voire a ne pas planifier du tout parce que des fois ca ne sert juste a rien. Le tout sans se stresser. This is Bangladesh.

Example: je reviens d’un “field trip” (desolee, ca fait partie de ces expressions qui sont moches si on les traduit… Visite terrain? Ca sonne pas bien). Un Field Trip donc.

Le plan initial etait de partir le dimanche 5 mai (premier jour de la semaine, puisque oui le week-end c’est vendredi et samedi), et d’avoir un gros evenement avec Practical Action le 6. Comme les partis islamistes avaient decide de bloquer Dhaka le 5 mai et de l’isoler du reste du pays, j’ai pris mon billet d’avion le 4 au matin et me suis arrange une voiture pour aller de Jessore a mon village tout pres des Sundarbans (4 heures de route). Changement de plan #1.

Mon programme etait donc le suivant:
-          4 mai: avion Dhaka Jessore puis voiture Jessore Shyamnagar (tout pres des Sundarbans, une des zones ou je travaille)
-          5 mai: meeting communautaire avec Practical Action
-          6 mai: rencontre avec Hellen Keller International et visite terrain
-          7 mai: Project Coordination meeting (reunion mensuelle de suivi avec tout mon staff)
-          8 mai: visite terrain dans nos village + Kevin et son staff arrivent
-          9-11 mai: entrainement tous ensemble a construire 3 types de structures d’agriculture verticale
-          12 mai: mise en place d’une structure dans un de nos villages
-          13 mai: retour a Dhaka.

Note: Le meeting du 5 avec nos partenaires de Practical Action devait avoir lieu dans un de mes villages ou on va construire un prototype de “climate-smart house”, une maison qui s’adapte a tous les impacts du changement climatique. Elle resiste aux cyclones, elle est montee sur une plateforme donc n’est pas affectee par les inondations, elle dispose d’un systeme de recuperation de l’eau de pluie avec deux reservoirs, l’un pour l’eau potable et l’un pour l’irrigation (dans lequel on va mettre des poisons qui vont fertiliser l’eau et apporter une source additionnelle de nourriture a la famille), de l’agriculture vertical partout ou il y a de la place, un four ameliore, un compost… Bref. Practical Action a fait une maquette et on voulait la montrer aux gens du village, au gouvernement local, aux entrepreneurs et aux ONG du coin pour qu’ils fassent leurs commentaries et qu’on puisse finaliser le design. Je vous donne les details parce que peut-etre que ca vous interesse mais ce n’est pas le sujet du post. 

Donc, on avait un gros meeting de prevu le 5 mai.
  
2 mai: je recois un de ces coups de fil qu’on prefererait ne jamais recevoir. Mon contact de Practical Action m’annonce qu’un de leur field staff dans le coin ou on travaille est decede brutalement dans un accident de voiture le matin meme, et qu’evidemment le meeting dans la communaute est reporte a plus tard, si possible avant le 13, date a laquelle je retourne a Dhaka. Je m’imagine si c’etait un de mes staff, c’est dramatique, je transmets mes condoleances et l’assure que le meeting peut attendre. Changement de plan #2.  Je maintiens tout de meme mon billet et je me dis que je peux passer cette journee a suivre les avancees de notre groupe de fermiers dans ce village et a faire un “focus group discussion” (tout simplement une discussion avec un groupe de fermiers, appelee “FGD” dans le jargon). 

4 mai:  Le matin alors que je suis sur le point de partir pour l’aeroport, mon project manager me telephone. Il est sense me rejoindre directement sur le terrain depuis Khulna, mais m’annonce que tous les conducteurs de bus sont en greve et qu’il ne peut donc pas de deplacer. Officiellement pour une histoire de salaires, officieusement pour empecher les gens de se rendre a Dhaka pour le “Dhaka blockade" le 5. Il me demande quoi faire, sachant que la greve est annoncee pour plusieurs jours.  
Changement de plan #3. Je decide donc de me render a Khulna depuis Jessore, au lieu d’aller directement sur le terrain. Je passerai l’aprem a travailler sur mon ordi, puis nous voyagerons le matin suivant et irons sur le terrain l’aprem.

5 mai: Le 5 au matin donc, nous partons Shyamnagar. Arrives vers 13h, nous nous asseyons rapidement avec nos deux staffs au bureau puis planifions l’aprem: l’un d’eux va finir les preparatifs pour le reste de la semaine, l’autre vient avec nous dans le village pour faire un “focus group discussion”. Elle va y aller un peu avant nous pour rassembler les gens, pendant que nous prenons notre lunch, et nous la rejoingnons d’ici une heure. Nous partons donc nous vaquer a nos occupations selon le plan. Mais pendant le lunch, un gros orage se declenche. Il pleut des trombes, il y a des éclairs et des coups de tonnerre. Coup de fil de Sharmin: que faire? On attend une heure, ca ne se calme pas, elle commence a avoir peur a l’embarcadere ou elle se trouve, et impossible de traverser la riviere pour aller au village par ce temps. Changement de plan #4: on annule la visite terrain. On reste a l’hotel et travaille sur les ordis.

Nos deux autres staff, qui sont senses nous rejoindre aujourd’hui pour notre meeting mensuel le 7, nous appellent. L’un d’eux est malade et ne pense pas pouvoir venir du tout, l’autre nous dit que la greve des bus continue, elle ne sait pas comment se render jusqu’ici. Nous leur conseillant d’attendre le lendemain pour voir si certains bus roulent, et en parallele nous appelons les organisations partenaires pour savoir si l’une d’elle n’aurait pas par hasard une visite terrain de prevu et de la place dans une voiture (ben oui, nous on a pas le budget pour envoyer un field staff en voiture). Bien sur, aucun d’eux n’a prevu de venir dans cette zone a ce moment. On attend le lendemain.  

6 mai: visite terrain avec Helen Keller. RAS de ce cote-la (mis a part une organisation desastreuse de mon project manager qui nous fait faire des aller-retours et des trajets en voiture completement inutiles), mais la greve des bus continue et Shibani ne peut toujours pas nous rejoindre, aucun bus ne roule dans notre direction. Que faire?  Changement de plan #5: on envoie Shibani a Khulna, de la il y a plus de chances qu’elle trouve un bus pour le sud, ou alors elle ira a Jessore avec les bus des companies aeriennes et de la embarquera dans la voiture de Kevin et son staff qui arrivent le 8. Goutom est toujours malade, il ne vient pas. Coup de fil de Practical Action, le meeting avec la communaute se fera le 12. Changement de plan #6: du coup nous ne ferons pas l’implantation de technique d’agriculture verticale dans le village comme prevu, mais a la place nous prendrons tous part au meeting a propos de notre “climate smart house”.

7 mai: Je finis par reussir a aller faire mon focus group discussion dans mon village, et discuter avec les gens de la suite des activites, de ce qui va et ne va pas. Tres interessant, et necessaire. En meme temps, je recois un coup de fil de Kevin: hartal demain, impossible pour eux de circuler. Changement de plan #7: ils voyageront ce soir. Shibani a egalement trouve un bus depuis Khulna qui arrive dans la journee, et Goutom qui se sent un peu mieux a trouve un bus depuis Pirojpur et arrive dans la soiree. Tout le monde sera donc la ce soir (ca, c’etait imprevu mais c’est une bonne nouvelle!). Bon, le hic c’est qu’il nous faut trouver des chambres pour tout le monde pour la nuit, mais ca ce n’est pas mon probleme, c’est celui de mon project manager.  Nous passons l’aprem a finir les preparatifs pour le reste de la semaine et je fais mes reunions individuelles avec deux de mes staff, comme je le fais a chaque fois que je viens sur le terrain (il y a toujours des choses qui ressortent qu’ils n’osent pas dire en meeting).

8 mai: hartal. Nous faisons notre meeting mensuel tandis que le reste des gens s’occupent de leur cote avec leur projet. Probleme: demain est egalement un hartal, donc impossible de se rendre au bureau pour le travail exterieur que nous avions prevu (construction tous ensemble de structures pour agriculture verticale). Changement de plan #8: nous passerons la journee a planifier les jours suivants, a expliquer les trois techniques que nous voulons developer et a s’assurer que lorsque nous serons sur le terrain tout le monde saura exactement quoi faire.

9 mai: comme prevu nous passons la journee a planifier les jours suivants, discuter les concepts, les techniques… Nous preparons aussi une petite piece de theatre concernant les sanctuaires a poissons que nous mettons en place dans un autre village et que nous utiliserons comme outil de sensibilisation. Derniere news: dimanche (le 12) est un hartal. Coup de fil avec Practical Action, changement de plan #9: le meeting est reporte au 15. Nous etions senses partir le 13, devrais-je rester plus longtemps? Discussion avec Kevin: nous n’avons aucune idée de ce que sera la situation la semaine prochaine mais les probabilities de hartal sont tres hautes, d’autant plus qu’un nouveau leader du parti islamiste a ete condamne a mort pour crimes de guerre, donc si ca se trouve je vais rester pour rien et rester bloquee ici alors que j’ai plein de boulot a Dhaka. En plus, ma presence n’est pas forcement indispensable a ce meeting, a vrai dire ca risque de creer plus de distraction que de concentration sur le sujet, donc c’est peut-etre meme mieux si je ne suis pas la. Changement de plan #10 donc: je n’assisterai pas au meeting.

Du coup, comme nous etions tous senses partir le 13 au matin, et que nous allons etre bloques a l’hotel toute la journee le 12, nous perdons notre temps. Changement de plan #11: nous partirons tous le 11 au soir. Ceux qui retournent a Dhaka se rendront a Jessore le 11 au soir et prendrons leur avion le 12 au matin. Coups de fil pour changer les billets d’avion.

10-11 mai: Travail sur le terrain. Ca prend plus de temps que prevu, parce que nos field staff ont parfois un peu besoin d’un coup de pied au derriere pour se mettre au boulot et se salir les mains. On fait de la culture en sac (sacs d’engrais dans lesquels on cree une colonne de pierre pour la circulation de l’eau et du compost et de la terre tout autour, puis on plante en haut et sur les cotes et on obtient un sac completement couvert de legumes). Tres bien pour les zones inondables et/ou avec problems de salinite dans le sol (bien entendu on utilise de la terre non sale, qui grace au sac ne sera pas contaminee par la salinite du sol). La deuxieme technique est similaire, sauf qu’au lieu d’un sac, on cree une grande tour entouree de bamboo tresse. Meme principe, colonnes de pierre au milieu, et on plante tout autour. Sauf que bon, il faut mettre des mains dans la terre, suer et se salir un peu, et nos field staff comptent un peu trop sur les quelques fermiers que nous avons embauche pour les travaux les plus physiques et pas assez sur eux-meme. Resultat, changement de plan #12: on abandonne la troisieme technique prevue pour se concentrer a fond sur ces deux-la. 11 mai après-midi: tout le monde s’en va, certains pour Khulna, d’autres pour Jessore. En chemin, ceux (dont moi) censes rentrer a Dhaka le lendemain matin  apprennent que les vols du matin sont tous annules. Changement de plan #13: coups de fils, coup de chance, on arrive a avoir des places sur un vol le soir.

12 mai: travail a la guesthouse toute la journee, entre meetings et ordi.  On suit de pres les infos concernant le cyclone qui s’approche. Il va frapper le 15, le jour de notre meeting communautaire, dans un village qui a ete complement detruit pendant le dernier cyclone en 2009. J’appelle Practical Action, changement de plan #14: on repousse le meeting a la semaine suivante.
Le soir, au moment de partir a l’aeroport, une tempete s’abat sur nous. Naseem, Kevin et moi faisons le trajet entre l’hotel et l’aeroport a bord d’une sorte de trycicle electrique, sous des trombes de pluie, dans  la nuit, avec des éclairs pratiquement ininterrompus, des coups de tonnerre, et des rafales de vent qui manquent de renverser le trycicle plus d’une fois, a tel point qu’a un moment le chauffeur s’arrete au milieu de la route et dit “je ne vais pas plus loin, c’est trop dangereux”. Oui certes, mais nous sommes au milieu de nulle part, sous les arbres, dans la tornade, alors s’arreter maintenant n’est pas vraiment moins dangereux!! Nous poursuivons notre route en roulant au pas, et finissons par arriver sains et sauf a l’aeroport, certes trempes mais content d’etre la. On s’attend bien sur a un retard de l’avion, on s’installe, achete du chocolat qui s’avere etre rance et on attend. Apres 45 minutes, on nous annonce que le vol est annule… Ici quand un vol est annule, on ne vous met pas sur le suivant, on vous dit “desole, le vol est annule, bonne chance”!! Il y avait un vol via une autre compagnie qui lui n’etait pas annule, mais quand j’ai demande si il restait des places on m’a dit que non. Bien entendu tout depend de combien d’argent tu glisses dans la main  de ton interlocuteur, il semble que 18 personnes aient tout de meme miraculeusement trouve des places sur ce vol, et certaines d’entre elles bien après que j’aie moi meme pose la question…… Bref, nous on n’encourage pas la corruption, donc changement de plan #15: on achete de justesse des places sur le vol du lendemain matin, on prend nos cliques et nos claques, et on retourne a l’hotel…

13 mai: Finalement, nous parvenons a rentrer a Dhaka sans encombres. RAS, mis a part une heure dans le traffic sur le chemin du bureau, des hartals announces pour les trois jours a venir, et un cyclone qui devrait frapper entre mardi et jeudi… T I B!!! 

Resultat:
- mon billet d'avion retour etait initialement le 13 apres-midi. Il a ete change pour le 12 au matin, qui a ete annule et donc change pour le 12 au soir, qui a ete annule et nous en avons donc rachete un pour le 13 au matin.
- mon meeting communautaire devait avoir lieu le 5 et a ete annule pour cause de deces d'un staff dans l'equipe partenaire, repousse au 12 mais annule pour hartal, repousse au 15 mais annule pour cyclone, repousse au 20. Que se passera-t-il le 20? tremblement de terre? coup d'etat? 

Note: pour l’anecdote (vous pouvez en rire et je peux en pleurer): Kevin et moi avons envoye un mail a tous nos staffs pour leur dire qu’un cyclone arrive, qu’on ne sait pas avec certitude ou il va frapper et avec quelle intensite ni quells seront les impacts dans les zones ou ils travaillent, mais nous ne voulons pas qu’aucun d’entre eux prenne lemoindre risque. Nous demandons donc “a tous les staffs, ET LEURS FAMILLES” de se deplacer dans les grandes villes les plus proches d’ici a mercredi soir. Reponse de mon project manager: “quelles sont les consignes pour les staff celibataires ou ceux qui n’ont pas leurs familles avec eux?”. Je l’appelle pour lui demander ce qu’il en pense, et il me dit “et bien, comme le mail concerne les staffs et leurs familles, je pense que ceux aui sont seuls devraient rester ou ils sont”… !!!! TIB…

lundi 29 avril 2013

Drame de Savar, responsabilite des grandes marques: points de vue divergents



Le drame de Savar est sur toutes les levres. Chacun suit avec anxiete les nouvelles distribuees au compte goutte sur les reseaux sociaux, pour savoir si un autre rescape a ete extrait des decombres. Le Bangladesh suit avec emotion l’avancee du sauvetage de Shahana, presentee comme “la derniere survivante de Savar”, une jeune femme que les secouristes ont tente d’extraire des decombres pendant pres de 12 heures alors que son corps etait bloque sous le beton. 12 heures, avant qu’un feu ne se declare, obligeant les secouristes a reculer et laissant vraisemblablement Shahana pour morte.

Retour sur une discussion interessante avec trois de mes amis Bangladeshis, sur la responsabilite des grandes marques dans ce drame. Prenons Mango, juste pour l’example, puisqu’ils ont ete cites dans ce drame. Ils nient avoir passé toute commande aupres de l’usine en question, et glissent (dans un message sur leur page facebook) que de toute facon meme s’ils l’avaient fait, et avaient assure leur audit social comme ils le font systematiquement avec leurs fournisseurs, ils n’auraient pas pu prevenir l’effondrement de l’immeuble.

Bref. Prenons Mango. Les arguments (et questions) de mes amis sont les suivants:

Comment Mango aurait-il pu savoir?
 Imaginons que la marque signe un contrat avec une usine specifique ici.

1.       Hypothese 1.
Imaginons qu’avant de signer, Mango passe un audit social.
-          Le management va se faire une joie de montrer ses conditions de travail et d’emploi. Les jeunes travailleuses mineures vont evidemment  etre priees de rester chez elles durant toute la duree de l’audit, et les horaires de travail vont etre respectees pendant la meme duree.
-          Les usines ici savent exactement quoi montrer aux auditeurs pour les satisfaire. La presence d’unions de travailleurs (qui n’ont enr ealite pas leur mot a dire), l’existence d’une crèche, voire meme d’une ecole pour les enfants des employes (qui sont fermees a l’exception des jours d’audit).
-          Les issues de secours ne vont evidemment pas etre verrouillees le jour de l’audit (cf incendie qui a fait 111 morts en novembre dernier)
-      Un audit social peut-il s'assurer de la maintenance d'un immeuble? Est-ce de la responsabilite de l'usine, qui loue les locaux, ou du proprietaire de l'immeuble?
(ma reponse a moi a la derniere question est que la maintenance de l'immeuble est peut-etre de la responsabilite  du proprietaire de l'immeuble, bien que le management de l'usine devrait s'assurer qu'elle est faite regulierement, mais il est definitivement de la responsabilite du management de l'usine de fermer l'usine en case de fissures dans les piliers afin de ne pas mettre la vie de milliers d'employes en danger. Le principe de precaution, ca vous parle? non? Le bon sens alors? Mais encore une fois, quelle est la responsabilite de Mango la dedans?)

-->  En bref, le Bangladesh sait se vendre, et il peut etre difficile pour Mango de distinguer le vrai du faux. (et je ne rentre meme pas cette fois dans le debat “de toute facon si ces gamines ne travaillent pas dans les usines textile ells seront forces a se prostituer pour subvenir aux besoins de leurs famille”).

2.       Hypothese 2
Imaginons meme que Mango a affaire a une usine extremement honnete et respectant tous les criteres de son audit, sans tricher. Ils signent un contrat, pour un certain nombre de pieces (vetements). Ce que l’usine ne dit pas a Mango, c’est qu’elle n’a pas la capacite de produire toutes les pieces dans le temps voulu, et va sous-traiter a une autre usine. Laquelle n’a pas subi d’audit social, et dont l’existence ou l’implication ne figurera nulle part dans le contrat.

Vous voyez ou je veux en venir. Jusqu’ou porte la responsabilite de Mango? Peut-on les tenir responsable des conditions de travail des employes de cette seconde usine, ou de l'etat de delabrement du building, alors qu’ils n’en sont pas au courant? Comment Mango peut-il alors s’assurer que l’usine avec laquelle ils ont signe un contrat ne sous-traite pas?

Meme si l’entreprise ne prevoit pas de sous-traiter lorsqu’elle signe le contrat, comment est-elle sensee rentrer dans les delais dans la situation politique actuelle? Le nombre de hartal des deux derniers mois doit approximer les 70% de jours de travail, alors que faire dans ce cas? Que se passe-t-il pour ces usines lorsqu’elles ne respectent pas les delais? Quelle est la tolerance des grandes marques face a une situation politique comme celle a laquelle nous faisons face en ce moment (et dont personne ne parle)? Sont-ils meme au courant, les dirigeants de Mango?

A quelle pression sont soumis les chefs d’equipe qui preferent prendre la decision d’envoyer les employes travailler dans un building ou les poteaux commencent a se fissurer, plutot que d’assumer le retard dans les commandes?

La question du salaire et du prix de vente

3.       Hypothese 3
Admettons (encore une hypothese) aue les grandes marques comme Mango soient en mesure  d’assurer les conditions de production de leurs vetements.
Peuvent-elles le faire pour le meme prix? Ou les consommateurs sont-ils prets a payer un prix supplementaire?

Considere-t-on que payer une couturiere (potentiellement mineure) 30 euros par mois pour 35, mais probablement plutot 50 a 70 heures de travail par semaine, est trop peu? Est-on prêt a payer plus cher nos t-shirts pour augmenter son salaire?

4.       Hypothese 4
En supposant que la reponse soit oui…. Mes amis respondent par la question suivante: si les enterprises etaient pretes a payer leurs ouvriers plus chers, pourquoi produiraient-ils au Bangladesh? Ici tout se fait a la main, il n’y a aucune technologie, la seule chose que le Bangladesh a a vendre est de la main d’oeuvre, beaucoup de main d’eouvre, a prix bas, tres bas… A partir du moment ou une enterprise est prete a payer plus cher ses employes, pourquoi continuerait-elle a produire au Bangladesh et pourquoi ne choisirait-elle pas la Chine? Qui plus est, elle pourrait ainsi choisir de produire dans un pays moins risqué, ou les infrastructures sont de meilleure qualite, ou les problems politiques ne ralentissent pas la production…. Que restera-t-il alors au Bangladesh??

Alors a la question: faut-il boycotter les fringues Made in Bangladesh, la reponse est… c’est complique….  Je me rends compte que je dois etre plus claire: Oui c'est complique mais NON boycotter les fringues made in Bangladesh n'est PAS une solution. Nous devons faire changer les conditions de travail, faire du lobby pour de meilleures normes de securite, dans lesquelles les grandes marques devraient investir aupres de leurs fournisseurs, et pour que les travailleurs aient le droit et la possibilite de s'organiser en unions de travailleurs, aient acces a la parole et soient ecoutes sans etre menaces. (cf article ci dessous pour les anglophones)

Tout commentaire est le bienvenu, ceci etant un sujet ouvert, complexe et tres controverse…
(Merci Lydia!!)

AJOUT: le lendemain de la publication de cet article, je tombe sur un article du New Tork times qui resume tres bien (en anglais) la situation et la discussion avec mes amis: http://www.nytimes.com/2013/04/30/opinion/bangladesh-needs-strong-unions-not-outside-pressure.html?pagewanted=1&_r=2&smid=fb-share&

Parmi les elements mentionnes (pour les non anglophones):
> le fait qu'il faille que ca vienne du Bangladesh, et qu'arreter d'acheter des vetements Made in Bangladesh ne va certainement pas aider le pays. Mais la societe civile et les acheteurs internationaux ont definitement un role a jouer et peuvent participer a pousser le pays dans la bonne direction, vers une politique qui  tiendra responsable ceux qui mettent volontairement en danger leurs travailleurs et qui assurera de meilleures conditions de travail et de securite...
" The changes must come first from Bangladesh itself. My country will require new political will to hold accountable those who willingly put human lives at such grave risk. It will also require the support of factory owners; civil society organizations, including my own; and the private sector, including Western buyers. "

> le besoin de donner plus de pouvoir aux unions de travailleurs, quand elles existent, et dans le cas contraire, permettre leur creation, afin qu'ils puissent par eux-meme faire pression sur leurs employeurs et les renir responsables des conditions de travail et de securite (et la encore les organisation de la societe civile et les acheteurs internationaux peuvent contribuer) : "The solutions start with the workers themselves; they must be allowed by their employers to unionize, so they can engage in collective bargaining and hold their employers responsible for basic standards of pay and safety." 

> Comment? Les acheteurs internationaux devraient financer de meilleures normes de securite.
"Western buyers, instead of squeezing factory owners on price, should finance better safety standards. ... 
Quant aux consommateurs, ils doivent comprendre que lorsque le seul critere d'achat est le prix, la securite des travailleurs n'est certainement pas la priorite...
"And consumers who are shocked by the working conditions need to realize that a playing field where the price tag is the only standard for a purchase is not a level one when workers’ lives are at stake

> L'article mentionne egalement que pour les 100 000 usines de textile dans et autour de Dhaka, et les trois millions de travailleurs, le pays compte seulement 18 inspecteurs.....!!! Ce nombre doit donc indeniablement etre augmente, et les standards de securite doivent etre fortement revises.
"In a country with 100,000 factories in and near the capital, and three million workers in its garment industry, an inspection force numbering 18 people only invites unconscionable lapses on the part of unscrupulous employers. The inspection force must be increased drastically, and it must vigorously enforce safety standards.

dimanche 28 avril 2013

Un nouveau drame humain, au profit de la consommation bas prix...


Petit coup de gueule.

En deux ans j'ai appris a connaitre ce pays et a m'y attacher enormement. Les Bangladeshis sont des battants, malgre le fait qu'ils n'aient pas grand chose pour eux:

- un pays dont la localisation geographique et la topographie, combinee a une des densites de population les plus fortes au monde et un important niveau de pauvrete le fait figurer parmi les plus pays les plus vulnerables au changement climatique (mais egalement, heureusement, le Bangladesh est aussi devenu un modele en matiere d'adaptation);

- un systeme politique violent et corrompu, qui a plonge le pays ces derniers mois dans le chaos, sans que la communaute internationale n'en parle enormement. Les greves politiques (hartals) s'enchainent, organisees alternativement par le parti au pouvoir, le parti d'opposition, et les partis islamistes, rendant tout mouvement dans les rues potentiellement dangereux. Les voitures brulent, les vitrines sont caillassees, les cocktails molotov explosent jusque dans les quartiers expats. Les altercations entre les manifestations et la police continuent d'ajouter a la liste de victimes, certes "seulement" de quelques 150 ou 200 morts depuis fevrier mais tout de meme non negligeable. Violence invisible pour nous expats, qui tombe a un endroit precis a un moment precis sans que l'on puisse prevoir, et qu'on voit dans les journaux et les reseaux sociaux, mais qui suffit a paralyser tout le pays. Les petits travailleurs de rue (vendeurs de the, de journaux, de nourriture) n'ont plus de clients, les employes des usines textiles sont parfois renvoyes chez eux par manque de travail car les livraisons sont bloquees. Pour ces gens payes a la journee, dont le salaire tourne autour de 30 a 50 euros par mois, pas de travail signifie pas de salaire. Les proprietaires de boutiques ne parviennent plus a payer leurs frais fixes, ni meme les salaires de leurs employes.

Cette situation a debute avec le jugement des criminels de guerre de 1971 (independance avec le Pakistan), creant a la fois un mouvement de masse de la societe civile (jusqu'a un million de personnes rassemblees dans la rue 24 heures sur 24 pendant pres de trois semaines), mais aussi une soudaine montee en force des partis islamistes (dont certains des criminels de guerre sont issus), exigeant le retour a une education islamique stricte et la peine de mort pour toute personne reconnue coupable de blaspheme (dans un pays officiellement laique et qui comprend pres de 20% de non musulams, principalement hindous mais aussi quelques bouddhistes et chretiens parmis les groups ethniques des Chittagon Hilltracks), refusant la mixite hommes femmes en public, forcant les femmes a se couvrir, exigeant d'erradiquer les signes de culture etrangere dans la ville, etc. Cette situation est attisee par la tenue des prochaines elections, supposement en decembre

- Lorsqu'il n'y a pas de hartal, le pays est frappe par des drames humains resultant uniquement du complet non respect des normes de securite dans les usines textiles, une majeur source economique pour le pays. En novembre, 111 travailleurs mouraient dans l'incendie d'une usine textile dont les issues de secours avaient ete fermees a cles. La semaine derniere, un immeuble de 9 etages hebergeant plusieurs usines textiles s'est effondre sur pres de 3500 personnes. Malgre les fissures dans les murs observees la veille, les travailleurs ont ete forces de venir travailler. Plus de 300 corps ont deja ete sortis des decombres, pres de 2300 personnes ont ete evacuees vivantes et plus de 700 sont encore portees disparues. Ce drame n'etant le fruit ni d'une guerre, ni d'une catastrophe naturelle, il semble qu'il ne soit pas du mandat des organisations d'urgence de porter secours. Les equipes de secouristes sont constituees de membres du croissant rouge, de l'armee, et de centaines de volontaires. Elles degagent les rescapes a la main, pierre par pierre, parfois contraints de couper des membres a la scie pour sortir les survivants, au milieu des familles des personnes portees disparues qui attendent encore avec l'espoir de voir ressortir des decombres un membre de leur famille. Ce matin, apres 5 jours sous les decombres, cinq personnes ont encore ete degagees vivantes... alors les secouristes improvises ne s'arretent pas. Sans sommeil, sans nourriture correcte, sans approvision d'eau suffisante, sous la chaleur suffocante entrecoupee de grosses pluies, au milieu d'une odeur qui devient difficilement supportable, sans masques. C'est revoltant, c'est ecoeurant, mais c'est simplement la seule solution. Les Bangladeshis sont des battants.

On n'en parle pas encore, mais jetons un coup d'oeil au nombre de jeunes mineures parmi la liste de victimes et de rescapes, combien d'ouvrieres enfants embauchees illegalement dans ces usines, comme l'avait denonce un reportage incriminant Monoprix il y a quelques mois? combien d'heures de travail et avec quels risques pour un salaire de moins de cinquante euros par mois? Deux femmes ont deja accouche dans les decombres, elles ont heureusement ete transferees vivantes dans un hopital. Combien d'autres dans le meme cas sont encore bloquees sous les decombres?

Dans quel monde vivons-nous lorsque le respect des normes de securite les plus basiques passent a la trappe au profit de la productivite, competitivite et pour assurer les prix les plus bas possibles a nous autres consommateurs? Dans quel monde vivons-nous lorsque le prix du pantalon que nous achetons est egal au salaire mensuel (ou plus) de la personne qui l'a cousu? A combien evalue-t-on la vie de ces travailleurs, qui souvent gagnent le pain pour une famille entiere? Les acheteurs de Mango, Carrefour, Monoprix, H&M, C&A et j'en passe, sont-ils vraiment prets a payer ce prix pour leurs vetements? Je doute que la plupart d'entre eux aient la moindre idee des conditions dans lesquelles leur t-shirt a ete produit, comment faire pour les en informer, comment faire pour faire pression sur ces marques afin qu'enfin elles cessent de pretendre ne pas savoir et prennent de serieuses mesures de controle envers leurs fournisseurs? combien d'autres catastrophes et drames sont necessaires pour unr prise de conscience?

Bien sur, c'est difficile de savoir, bien sur, toutes les usines ne sont pas les memes, bien sur les conditions ne sont pas les memes partout... bien sur, boycotter tous les vetements made in Bangladesh serait d'une part difficile et d'autre part pas forcement mieux pour tirer ce pays de la galere sachant que le textile supporte pres de 80% de l'economie.  Mais combien cela couterait-il a ces grosses marques de s'assurer des conditions de travail, des conditions de securite de leurs fournisseurs? combien d'euros supplementaires sommes-nous prets a payer pour ca?

CORRECTION: il semblerait que les Nations Unies aient appelé qux gouvernements étrangers pour envoyer des équipes de sauveteurs professionnels et des machines pour dégager le plus gros des décombres, mais l'aide a été refusée par le gouvernement du Bangladesh, jugeant que cela "entacherait l'ego du pays"..... http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/asia/bangladesh/10024004/Bangladesh-UK-rescue-aid-rejected-after-Dhaka-factory-collapse.html